Stéphanie AVS-co «informer les élèves c’est leur permettre d’être acteurs de l’inclusion de leurs camarades handicapés » 

« J’ai une pote qui était en UPI au collège et qui est venue en intégration dans ma classe, on est devenues copines comme ça »

Je vais témoigner de l’importance de la sensibilisation des élèves face à la présence de camarades handicapés 

En 2006, alors surveillante dans un lycée professionnel, j’ai découvert lors de la journée porte ouvertes de l’établissement, la création d’une UPI (Unité Pédagogique d’Intégration) à la rentrée suivante.

Un joli dépliant à l’attention des visiteurs dans lequel on pouvait lire que « tous les personnels seraient formés » pour accueillir au mieux ces élèves « différents » au sein de l’établissement…

Dans un premier temps j’ai commencé par me renseigner sur le bien-fondé de ces dires (quelle formation ? qui ? quand ? dans quel cadre ?). Suite à quoi j’ai pu obtenir du proviseur l’inscription à une formation de deux journées relative à l’accueil et l’intégration d’élèves à besoins spécifiques. Formation très intéressante d’ailleurs…

Une question m’est rapidement venue à l’esprit : les élèves allaient ils eux aussi être formés à l’accueil de ces nouveaux camarades ?

Je me lançais donc dans une enquête ! Mon statut d’assistante d’éducation me permettant d’avoir la possibilité d’échanger aisément avec les lycéens.

Que penses-tu de l’ouverture de l’UPI ? A ton avis ça va se passer comment ? Tu penserais quoi d’avoir des élèves de l’UPI en intégration dans ta classe ?

Les réponses ont été diverses et variées….

« C’est bon, on n’a pas envie d’avoir des gogols dans la classe »

« Nan mais moi je leur parle pas ! »

« Ils vont être handicapés comment ? tous en fauteuils roulants ? »

J’en passe et des «meilleures» ….

Mais également :

« Ben c’est bien je trouve, on avait une UPI dans mon collège, ça se passait bien »

« Je trouve ça bien si on peut aider en classe »

« Ben c’est normal, mon frère est en CLIS, heureusement qu’il pourra continuer à aller à l’école ! »

Le constat immédiat que j’ai pu faire suite à cette petite enquête est que les élèves qui n’avaient jamais été sensibilisés au handicap émettaient tous un avis négatif vis-à-vis de la création de ce dispositif, tandis que les réactions positives étaient toutes liées à une expérience du handicap (structure existante au collège, connaissance du handicap dans la famille ou l’entourage proche…).

Ma candidature ayant été retenue sur le poste d’AVS-co, je faisais partie intégrante de l’équipe de l’UPI lors de son ouverture. Le coordonnateur, très investi, avait pris l’initiative d’intervenir dans chaque classe pour présenter le dispositif. Ma double casquette de surveillante et d’AVS me permettait aussi de faire le lien, et de répondre aux interrogations des lycéens qui s’adressaient plus facilement à moi qu’aux enseignants…

Et c’est donc dans de bonnes conditions que le dispositif (aujourd’hui ULIS lycée) a pu voir le jour.

Mais sans cette démarche, sans cet investissement de l’équipe pour sensibiliser les lycéens à l’accueil des élèves à besoins spécifiques ?

Je reste persuadée que les conditions n’auraient pas été optimales pour accueillir ces élèves dits « différents ».

Pour résumer, informer les élèves c’est leur permettre d’être acteurs de l’inclusion de leurs camarades, leur donner la chance d’apporter leur pierre à l’édifice et de permettre à TOUS d’accéder à l’éducation dans les meilleures conditions !

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2 commentaires sur “Stéphanie AVS-co «informer les élèves c’est leur permettre d’être acteurs de l’inclusion de leurs camarades handicapés » 

  1. L’information c’est bien, mais le bagage éducatif et environnemental de certains élèves ne leur permet pas toujours dans beaucoup de lycée pro d’appréhender les enfants en situation de handicap de la même façon malgré les infos qu’ils reçoivent. Pour eux, les durs, les caïds du bahut ou de la classe, c’est du pain béni pour se permettre des agissements souvent à l’abri des regards des adultes et lorsqu’on les interrogent sur des faits avérés de maltraitances envers ces enfants, tous se taisent ou nient, jouant les élèves plein de compréhension devant l’autorité. D’autres ayant peur de représailles se confient en secret à des adultes mais en leur faisant promettre de ne rien dire tellement ils ont peur de servir à leur tour de bouc émissaires.

    Aimé par 1 personne

  2. Magnifique témoignage
    Aurais tu de réelles compétences intellectuelles pour être capable de produire une conclusion si FORTE et suffisante.
    Nous sommes nombreux à savoir ce qu il est utile et intelligent de faire dans nos écoles. Notre pouvoir : l’observation et la richesse de notre écoute.
    Bravo.

    Aimé par 1 personne

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