Betty : Collègues AESH/AVS , aidez-moi ! « Que faire lorsqu’on signale depuis 3 mois que la situation nous échappe et qu’on n’est plus compétente ? »

« Je prends enfin mon clavier pour exprimer toute ma colère et mon dégoût face à ma situation. AVS cui pendant 2 ans, puis AESH en CDD, j’accompagne mon élève A. depuis 3 ans maintenant (gros problèmes de comportement, violence, dyspraxique, TDA) et ma nouvelle petite élève S. sourde implantée cochléaire (qui n’a connu que des enseignants sachant signer et qui se retrouve aujourd’hui en milieu ô combien « ordinaire »).

Ma colère est dirigée vers Handiscol, qui me demande d’accompagner 2 élèves extrêmement différents (et sans formation adaptée, on est d’accord). 


Après 3 bonnes crises de mon grand élève (1m80) en moins d’une semaine, j’ai l’impression de ne plus rien maîtriser, je n’arrive plus à adapter mon accompagnement. A. relevait d’un ITEP en 6e mais par manque de place, il s’est retrouvé en attente dans ce collège (REP+). 


Handiscol ne nous soutient en rien, ne tient pas compte des handicaps des élèves et espère que l’AESH se débrouillera avec les moyens du bord.


Fort heureusement je suis soutenue par la direction du collège, la CPE et les profs, mais que faire lorsque notre élève est en grande souffrance et qu’on assiste impuissante à sa descente aux enfers ? Que faire lorsqu’on signale depuis 3 mois que la situation nous échappe et qu’on est plus compétente ?

Bien sûr l’enseignante reférente est informée. J’ai trop tiré sur la corde, je suis en arrêt maladie depuis mercredi. l’ESS est prévue en mars. Je culpabilise énormément de m’être arrêtée mais je craque complètement ! »

Les réactions des collègues de Betty :

« De mon côté, j’essaie de trouver des astuces (vive les forums!!!) pour compenser l’handicap de mon élève (que j’adore), mais parfois c’est dur. Il faut gérer l’apprentissage, le comportement, et avec les moyens du bord….. »

« Il faut savoir se dire qu’on a tous nos limites, nous ne sommes pas des supers héros, nous ne pouvons pas seul, faire face à tout les problèmes de ces enfants mémé avec toute notre volonté et notre force. nous ne pouvons que faire de notre mieux, prévenir et quand le monde autour ne réagit pas, je ne peux que comprendre votre désarroi mais malheureusement, il y a des situations qui nous échappent. »

« Je vis la même chose avec les élèves que j’accompagne, j’ai tout essayé et je suis tellement désemparée… »

« Tu as alerté sur les difficultés de ce jeune mais il arrive un moment où seul(e) on ne peut plus rien. 
Préserve toi et reviens quand tu te sentiras prête. C’ est le système qui est défaillant toi tu fais parfaitement ton job. »

« C’est la situation qui ne va pas, les moyens sont inadaptés, on ne nous donne pas.les moyens de faire du bon.boulot. courage à toi!!! »

 « C’est bien un système défaillant qui ne se donne pas les moyens…et nous sommes les fusibles de celui-ci. »

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4 commentaires

  1. Oui, l’arrêt-maladie, c’est souvent trop tard. Protégez-vous, montrez-vous, faîtes du remue-ménage ! Ces situations extrêmes ne sont pas à gérer par un personnel payé au rabais et sans formation. Cette situation doit être au plus tôt détectée et exposée, de façon à ce que l’AESH ne prenne pas toute la pression d’une telle charge.

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  2. tu n’es pas la seule à réagir de cette façon, c’est malheureusement notre seul moyen pour se protéger, c’est par notre absence que nous pouvons protester contre ce système abusif, courage!

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  3. C’est tellement consternant de vérité!… Le triste constat de notre quotidien, pour beaucoup d’entre nous… Et c’est bien connu pour aider et accompagner les autres, il faut d’abord être soi-même, bien dans ses baskets (ou ses mocassins…) Quand on est déjà en « burn out » c’est déjà trop tard, alors réagissons et battons-nous avant d’en arriver là pour le bien de tous, accompagnants et élèves différents!

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  4. Bonjour,

    Je suis contente d’être tombée sur ce forum !

    Je suis moi même AESH depuis 2014 et mon corps me lâche … Je me sens seule dans ce que je traverse.

    Mes 2 premières années furent difficiles : gestion d’un soit disant hyper-actif (qui en réalité était un souci d’éducation), une enfant trisomique (j’ai adoré) et un enfant autiste (asperger je pense, j’ai vécu l’enfer), ces enfants étaient en maternelle PS j’ai vécu 2 années difficiles, sans soutien, dans des états de fatigue…
    Aujourd’hui, c’est tout l’inverse, je n’ai plus d’élève enfin ci mais celui-ci n’a aucun besoin d’AVS (eh oui ! ) du coup l’instit se repose sur moi, gestion d’une partie de sa classe, et quand elle est en demi-classe (sport), je gère la moitié de celle qui lui reste … sa compter qu’elle me laisse aussi gérer la discipline car elle préfère s’occuper de ces CP que de faire la police avec ses GS … etc etc aujourd’hui je n’en peux plus, mon corps me lâche, je ne suis plus AVS mais larbin, je passe ma journée à faire la police sinon dans la classe c’est un bordel monstre et nerveusement c’est impensable quoique déjà là nerveusement c’est abusé et je ne trouve plus ma place !

    Voilà voilà notre métier n’est pas valorisé, on est des fantômes, on se sert de nous sans aucun scrupule, aucune reconnaissance (salaire, etc ) et je pense être arrivée au bout de mes limites !

    Aujourd’hui je suis incapable d’aller travailler, mon corps me lâche !

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