C’est comme ça une vie d’ AVS des joies et des déceptions

Je suis AVS depuis Novembre 2015.

Un entretien d’embauche en octobre un peu effrayant quand on entend :  » Vous savez que vous pouvez accompagner tous types d’enfants en situation de handicap ? Nous on vous embauche et après c’est à vous de faire les démarches nécessaires et prendre contacte avec l’école »

C’est effrayant dans le sens où c’est mon vrai premier boulot et que finalement après cet entretien je n’en saurais pas plus sur ce travail. Je laisse alors les jours défiler sans avoir de nouvelles, jusque début Novembre, où l’on m’apprend que je serais dans une école maternelle à quelques kilomètres de chez moi, l’enfant a 3 ans, c’est un enfant certainement autiste et au revoir.

Je prends contact avec l’école, grande surprise la directrice est mon ancienne maîtresse d’école, elle est contente de me retrouver et me propose de venir voir ce petit garçon le temps d’une heure. J’ai alors rencontré l’enfant un matin, il jouait dans la salle de motricité avec ses camarades. Je parle rapidement avec la maîtresse qui me dit qu’il n’a pas un comportement dérangeant et qu’il est très gentil. Me voilà rassurée.

Je commence le 23 Novembre exactement. Ce boulot est sympathique et enrichissant. Le contact avec ce petit garçon passe bien et très vite il m’accepte. Je suis auprès de lui toute la journée, pendant le regroupement, les toilettes ( il n’était pas encore propre ), le temps d’activités etc. Il demande beaucoup d’attention. Il est très doué pour la mémorisation. La concentration est de courte durée mais il est simple de faire une activité avec lui. Pour la première année il y a eu beaucoup d’évolutions : le langage, la propreté et la sociabilisation. Tout le monde était fier de lui pour cette intégration dans l’école.

Pour cette nouvelle année 2016-2017 c’est la moyenne section. Nouvelle maîtresse, nouvelle classe, nouvel emploi du temps (plus de sieste). La nouvelle année ne sera pas de tout repos. Cela se confirme après les vacances d’Octobre. La fatigue se fait sentir. Avec la maman nous tentons de nouvelles mises en place: l’emploi du temps avec les pictogrammes, le timer pour le temps de travail et le retour à la sieste 2 fois par semaine. Je compte sur les jours de formation pour m’aider à améliorer la vie de cet enfant en classe. Une formation qui arrive un peu tard à mon goût, après un an de travail, on nous apprend les missions de l’AVS et la relation avec l’enfant ( il serait temps !). Mais aussi les différents types de troubles ( dys– comportement – cognitif ). Des journées intéressantes mais qui m’apportent peu d’informations pour ma situation. La formation du trouble autistique arrive seulement fin Janvier 2017. Enfin ! Je prépare mon carnet de questions et c’est parti ! Je rencontre plusieurs professionnels qui nous présentent leurs locaux et leurs façons de travailler. Seul bémol c’est déjà ce que je fais avec le petit, les pictogrammes, le timer, la mise au calme, la façon de présenter les activités. Je n’apprends pratiquement rien de nouveau. Nouvelle déception.

Est ce que je dois continuer jusqu’à la fin de cette année avec un enfant qui est épuisé et trop stimulé ? De plus en plus de cris et de pleurs ? Des refus de consignes et des règles de la classe ? Après cette formation j’ai créé tout de même le pictogramme « stop » et d’autres avec les interdits (de pousser, de crier, de courir). J’annonce à la maîtresse qu’il serait nécessaire de changer la table de travail de place. Contre un mur pour éviter les stimulations. Je lui présente mes nouveaux pictogrammes et en route pour un nouveau départ ! Je croise les doigts pour que toutes ses nouvelles choses aide cet enfant.

Bilan: la table est toujours à la même place, mes pictogrammes ne servent à rien et nous sommes déjà en Février.

C’est comme ça une vie d’AVS des joies et des déceptions. Chaque jour est différent.

Camille AVS

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3 commentaires

  1. Notre quotidien malheureusement…
    Toute l’aide que l’on peut apporter est conditionnée par l’acceptation et l’implication de l’enseignant.
    Et comme ils ne sont pas formés ( au bon vouloir) et qu’ils ont d’autres soucis, c’est pas prêt de changer.
    Tant qu’il y aura recours à des contrats aidés, tant que le métier ne sera pas reconnu à sa juste valeur, rien ne changera .

    Aimé par 1 personne

  2. Par ici, il y a quelques semaines une enseignante spécialisée dans les dys est venue faire une intervention pour les profs, certains ne sont pas venus (ba oui hein des dys ils n’en ont pas dans leurs classes), d’autres ont « perdus leur temps »… Allez tous les profs ne sont pas réfractaires à l’inclusion, mais par expérience je dirai que c’est l’immense majorité

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