Syndrome d’Asperger : le jour où j’ai découvert que j’étais une « aspie girl »

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À 29 ans, Julie est brillante mais ne peut parler à deux personnes à la fois, dormir dans le même lit que son amoureux ni comprendre le second degré. Autant de décrochages qui l’excluent, jusqu’à ce qu’elle cherche sur Internet et apprenne qu’elle est atteinte du syndrome d’Asperger.

D’aussi loin que je me souvienne, on m’a toujours trouvée bizarre. En clair, je donnais l’impression que j’étais simultanément très intelligente et à côté de la plaque. Lorsque je vivais à Nantes et que j’étais encore à l’école, ça ne se voyait pas trop. Je prenais en effet grand soin d’observer et d’imiter autrui, pour savoir comment me conduire en société et éviter les erreurs.

Les choses ont commencé à se gâter au collège. Là, il fallait parler en groupe : finis les jeux collectifs, marelle, billes et élastique, dans lesquels se fondre pour ne pas attirer l’attention. Des rites de séduction se mettaient en place entre filles et garçons. Je devais aussi suivre la mode pour être acceptée. J’ai commencé à me sentir exclue de ces « danses sociales », incapable de comprendre ce qu’il se passait.

J’avais l’impression que tout le monde avait grandi d’un coup et que moi seule étais restée bloquée à un stade infantile.

Un profond sentiment de décalage

Brillante élève, je me demandais comment je pouvais avoir de si bonnes notes tout en me sentant complètement en décalage hors de la classe, pour les choses les plus élémentaires. Ainsi, je suis d’une incroyable naïveté parce que je ne décode que l’explicite. Pas les sous-entendus, allusions, « private jokes » ni le second degré.

Par exemple, un jour, des « copines » m’ont assuré que le beau gosse du coin était amoureux de moi. Confiante, j’ai couru le trouver pour lui proposer qu’on sorte ensemble. Evidemment, le garçon, qui ignorait mon existence, m’a repoussée alors que j’insistais. Une autre aurait tout de suite saisi la blague.

J’apprenais la vie par essai-erreur, dans la douleur.

Mon problème, c’est que je gardais toutes mes interrogations pour moi. Et au fil du temps, j’ai somatisé par tous mes pores. Je me grattais jusqu’au sang, j’avais des rhumes à répétition, une pneumonie… Après avoir commencé et laissé tomber plusieurs filières d’études, terrassée à chaque fois par des fatigues inexplicables, j’ai atterri à Euromed, une école de commerce, à Marseille.

Dans ma promotion, on n’était que vingt, et pourtant j’avais du mal à créer du lien. Comportement type : une autre étudiante m’invite à « déjeuner à la maison », et j’arrive chez elle avec mon sandwich. Elle aurait dû me préciser que je n’avais pas à apporter mon repas. Vous imaginez la somme de quiproquos et de regards interloqués que j’affrontais chaque jour.

« Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi »

Puis j’ai rencontré un garçon, et constaté avec joie que mes difficultés sociales ne m’empêchaient pas de vivre une relation amoureuse. Mais un jour, alors que nous nous rendions en voiture à Brest, chez des amis à lui, j’ai fait une énorme crise d’angoisse. Je pleurais, je tremblais, j’étouffais, j’avais chaud, puis froid… au point de nous forcer à rebrousser chemin.

Au téléphone, ma mère me dit alors : « Julie, il faudra qu’un jour tu ailles voir un psychiatre. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi. » Elle avait raison.

La suite c’est par ici

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