Lettre ouverte d’un enseignant ULIS au Président de la République : « Il faut à tout prix que ce massacre cesse. »

Cet enseignant en classe ULIS est inquiet. Inquiet car les progrès effectués en primaire grâce au dispositif ULIS sont menacés par un manque de place en ULIS collège. Inquiet au point qu’il a écrit une lettre au président de la République Emmanuel Macron sur le sujet.

« C’est l’histoire d’un dispositif qui fonctionne, et qui aide chaque année de nombreux enfants porteurs de handicap, notamment de déficiences intellectuelles, à avoir accès à une scolarité sur mesure et à progresser.
On a des résultats intéressants, les familles sont satisfaites, mais il faut mettre les moyens.
Le problème c’est le collège, chaque année un certain nombre d’enfants n’ont pas de place en ULIS: 140 enfants dans le Gard victimes de ce manque de places pour la rentrée à venir. Car « si certains partent en SEGPA ou en Institut médico éducatif, une grande majorité cherche à poursuivre en ULIS au collège. » Or, faute de place, « ils se retrouvent catapultés dans le circuit ordinaire, avec une auxiliaire de vie scolaire dans le meilleur des cas. Une « solution » temporaire, « mais quand on nous dit que ça peut durer de un à trois ans, ça fait beaucoup pour un enfant », sachant « que dans le cycle ordinaire, ils peuvent retomber dans la spirale de l’échec », hypothéquer les progrès effectués lors du cycle primaire et à plus long terme leur inclusion sociale.
Les ULIS proposent « un menu à la carte, on va cibler les difficultés et autant que possible travailler avec les autres classes, avec un temps scolaire aménageable, je travaille sur le dispositif avec une auxiliaire de vie scolaire. Ici, « on parle plus d’épanouissement que de réussite », nous visons autant à transmettre des connaissances qu’à permettre aux enfants de sa classe ULIS à reprendre confiance en eux pour exploiter au mieux leurs capacités. « En ULIS tout se vit deux fois plus fort, et quand les enfants arrivent à débloquer la lecture par exemple, c’est une grande victoire. Certains arrivent éteints et repartent confiants. « il faut à tout prix que ce massacre cesse. »

Côté institutionnel, on reconnaît le problème : « pour le moment nous avons un quota de deux à trois ULIS écoles pour un ULIS collège, on ne constate que maintenant les effets de la loi de 2005 », explique l’inspectrice de l’Education nationale en charge de l’adaptation sociale et scolaire des élèves handicapés pour le Gard Michèle Koch. Face à ce constat, l’Education Nationale, seule décisionnaire dans l’ouverture de nouveaux ULIS, met en avant sa bonne foi : « il y a une vraie volonté de progresser dans l’installation d’ULIS collèges, on en a ouvert douze en quatre ans, c’est énorme. »

Une volonté accompagnée par le Département, qui gère les collèges. « À chaque fois que le DASEN (le directeur académique des services de l’Education nationale, ndlr) nous propose une ULIS collège, on accepte et on met les moyens, 5 à 6 000 euros à chaque fois », affirme la vice-présidente du Département déléguée à l’éducation Nathalie Nury.

À la rentrée 2017-2018, trois nouveaux ULIS collèges ouvriront dans le département, à Bellegarde, au collège Jean-Rostand de Nîmes et à Saint-Ambroix, dans un souci de « répartir les ouvertures en fonction de la demande », précise Michèle Koch, qui conclut que « le problème tend à se résoudre. » Reste à voir maintenant sous quels délais.

lire l’article: https://www.objectifgard.com/2017/06/09/jour-handicap-a-lecole-ulis-difficile-marche-college/
thierry.allard@objectifgard.com

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