« Jamais je n’aurais imaginé à quel point les AVS étaient précaires ! »

Lucie est l’AVS de mon fils Arthur depuis septembre dernier. Cette jeune fille, je l’ai rencontrée par hasard lundi soir à la sortie des classes, je l’ai reconnue car elle avait participé à le réunion ESS d’Arthur. J’avais d ailleurs été agréablement surprise, elle semblait sympathique et investie auprès de mon fils. Lucie avait préparé avec sérieux cette réunion, elle avait tout un tas de notes devant elle. Un carnet aussi, dans lequel elle nous a expliqué inscrire chaque jour des remarques concernant le travail d’Arthur en classe, ses difficultés mais aussi ses progrès.

J’avais été touchée par son intervention et je lui en fait part lundi. Elle semblait mal à l’aise: elle m’a expliqué qu’il leur était fortement déconseillé de communiquer avec les parents. Je trouvais cela ridicule, elle aussi elle m’a avoué. J’ai ajouté qu’au contraire les AVS et les parents devraient justement échanger davantage, c’était essentiel pour un meilleur suivi des enfants.
Lucie a approuvé totalement mon point de vue.

Elle m’a alors confié la détresse dans laquelle elle se trouve parfois face au handicap d’Arthur, dont elle ignore tout. Qu’elle se documente un maximum, sur internet, qu’elle a acheté des livres. L’Inspection d’Académie ( DSDEN ) ne propose aucune formation adaptée aux accompagnants scolaires une fois que ils sont en poste.
Elle a aussi mentionné certains enseignants ( sans citer de noms ) qui se montrent parfois réticents à mettre en oeuvre les aménagements pourtant obligatoires pour Arthur. Je me rendais compte que Lucie en avait gros sur le coeur! Quelle ne fut pas ma surprise quand elle m’a expliqué qu’elle devrait peut-être quitter l’école en cours d’année prochaine, car son contrat aidé se finit mi octobre et elle n’est pas sûre d’obtenir un CDD de droit public. « J’aime mon métier pourtant, j’ai envie de continuer, je ne me vois pas faire autre chose … » a glissé Lucie.

Depuis ma discussion avec Lucie, je me suis intéressée de plus près aux conditions de travail des AVS, je suis allée de mauvaises surprises en mauvaises surprises. Jamais je n’aurais imaginé à quel point les AVS ( ou AESH ) étaient précaires ! De si faibles salaires, les laissant pour la plupart vivre sous le seuil de pauvreté, aucune reconnaissance de l’Education Nationale. Tout cela, en tant que maman d’un enfant accompagné, me révolte. Je pense à Lucie, et à toutes celles et ceux qui accompagnent au quotidien nos enfants différents. Quel courage, quelle humilité … Nos AVS/AESH sont pourtant indispensables, pourquoi ne pas les traiter à leur juste valeur ?

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6 commentaires sur “« Jamais je n’aurais imaginé à quel point les AVS étaient précaires ! »

  1. Merci pour votre témoignage ! Il nous montre, à nous AESH / AVS, qu’il faut aussi qu’on témoigne de notre situation, auprès des parents et des enseignants, pour qu’on ne soit pas seuls à se battre pour obtenir un vrai statut, une vraie formation et un vrai salaire !

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  2. Pour vous témoigner de notre précarit. J’ai eu un contrat auprès d un enfant autiste en novembre 2015. Mon contrat se termine au 31/08. J’ai eu beau remuer ciel et terre auprès de pôle emploi et de l inspection académique. Je vais devoir arrêter mon métier malgré des résultats flagrants avec l enfnant. Tout ne semble être que question d argent….C’est bien dommage….

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      • Aucune autre raison que l argent. On ne coûte rien tant qu on est en cui. Des que l on passe en cdd on coûte malgré tout beaucoup plus cher. Donc il vaut mieux organiser un tornover en nous accordant des contrats d à peine 2 ans. Après on retourne au chômage et on coûte moins cher. C’est vraiment triste et dommage….

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  3. Merci pour votre commentaire malheureusement nous avs essayons de rendre la vie meilleur à vos petits et grands enfants qui ont besoin d’aide, nous donnons de notre personne avec coeur, humilité et bienveillance.
    Mais il est vrai que ce que vous avez découvert sur les revenus de avs et misérable, j’ai commencé au 1er mai et j’avoue que je n’avais pas idée de la précarité de l’emploi aidé AVS.
    Nous méritons autant que possible une rémunération à la hauteur de la mission qui nous est confié. Car même si nous donnons à ces petits et grands enfants pleinement de nous même nous crayons un lien particulier avec eux . En tout cas moi je le vis ainsi. Merci aux personnes qui sont susceptibles de nous aider à améliorer notre situation précaire.

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  4. Eh non, c’est le CUI qui coûte davantage que le CDD droit public, d’autant qu’on vous doit une formation payée sur votre temps de travail dans l’établissement . Il y a d’autres raisons pour qu’on ne vous reprenne pas. Mais qui les connaît et qui vous les dira ? Probablement personne.

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