Privés d’aménagement d’examen malgré leurs troubles d’apprentissage

Les épreuves du bac et du brevet s’annoncent plus compliquées pour 199 candidats du Finistère qui se sont vu refuser par l’Éducation nationale un aménagement d’examen malgré leurs troubles d’apprentissage.

« On ne comprend pas pourquoi l’Éducation nationale qui accorde des aménagements aux enfants handicapés, notamment dyslexiques, durant leur année scolaire, dans le cadre d’un plan d’accompagnement personnalisé (PAP), leur refuse tout d’un coup ces aménagements, au moment de passer l’examen ! », s’indigne Bruno Quellec. Président du collectif des associations de personnes handicapées du Finistère, il est monté au créneau pour défendre les familles qui sont tombées des nues en apprenant que leur enfant allait devoir se présenter aux épreuves du brevet des collèges ou du bac sans bénéficier d’un tiers-temps et éventuellement de leur ordinateur.

Plus de 1.400 demandes
Mais les courriers et les appels téléphoniques sont restés sans effet. Les recours présentés par les familles ont été rejetés. La grande majorité des refus concerne des jeunes souffrant de troubles Dys. « Comment va faire un jeune dyslexique le jour de l’examen sans l’ordinateur avec lequel il travaille tous les jours, alors qu’il a beaucoup de difficultés à écrire et qu’en plus, il n’aura pas de tiers-temps supplémentaire ? », s’inquiètent Anne Caraes et Nadine Lavanant de l’Association d’adultes et de parents d’enfants dyslexiques du Finistère (Aapedys29) qui ont reçu de nombreux témoignages de familles désemparées. Selon les chiffres de l’Inspection académique du Finistère, cette année, 1.416 demandes d’aménagement d’examen ont été étudiées et 202 refusées, dont trois sur 62 demandes pour des BTS, 54 sur 370 pour le baccalauréat général, 12 sur 168 en bac pro ou encore 133 sur 786 demandes concernant le diplôme national du brevet.

« La dyslexie n’est pas un handicap »
Pour Caroline Lombardi-Pasquier, directrice de l’Inspection académique du Finistère, ces refus sont tout à fait normaux : « Tous les départements émettent des refus mais nous sommes certainement le département où il y a le plus de demandes. Les familles ressentent énormément de pression pour la réussite scolaire de leurs enfants et elles sont persuadées qu’avec du temps supplémentaire, cela facilitera les choses. Mais la dyslexie n’est pas un handicap et le PAP ne donne pas forcément droit à un aménagement d’épreuve ». Les différents recours ont été vus en commission académique avec les médecins des quatre départements bretons et analysés à partir d’une grille de critères commune. « Nous n’avons pas de souci d’effectifs médicaux. Le département est attractif, ce n’est pas la raison de ses refus, ni une quelconque volonté d’économie. Mais ces jeunes ne justifiaient pas d’un aménagement d’examen », estime l’inspectrice académique.

« Retour quinze ans en arrière »
Pour les parents d’enfants Dys, qui avaient choisi le PAP pour ne plus encombrer les services de la maison des personnes handicapées du Finistère (MDPH) souvent débordés, c’est la douche froide. « Les troubles Dys sont bien un handicap reconnu. Il existe une classe d’intégration scolaire (Clis) spécialisée à Brest et un Service d’aide à la vie sociale (SAVS) pour les Dys. Nous sommes revenus plus de quinze ans en arrière. La seule solution maintenant va être de solliciter la MDPH à nouveau », concluent les représentantes d’Aapedys 29.

source : © Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/amenagements-d-examen-202-refus-passent-mal-11-06-2017-11549804.php#1v4O78sTS5PLVExK.99

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