AESH : Parents, je t’aime, moi non plus (3)

Résumé des deux épisodes précédents.

Je débute dans le métier et on me confie un élève multi-dys fourbi de l’étiquette « bon courage ». Je découvre tout de ces (et ses) handicaps. L’élève de 4ème ne sait strictement rien faire, sauf lire, mais il ne comprend visiblement pas ce qu’il lit. La « réunion » mérite le déplacement, il faut pousser les murs pour accueillir les nombreux professionnels « penchés » sur le cas. Je n’y apprend pas grand chose d’utile, puis vient mon tour.

Ce que j’ai envie de dire :

Comment un élève de quatrième peut-il être aussi démuni devant les apprentissages ? Même si on essaie de rester optimiste, on part du niveau zéro. Je n’ai absolument aucune idée de comment on redresse un cas aussi désespéré. De l’époque où je viens (j’ai eu mon bac en 1975), un tel niveau scolaire aurait été imaginable en CE1 et cet adolescent n’aurait pas dépassé le CM2.

Ce que je dis :

Je le découvre (la réunion a lieu peu de temps après mon arrivée). Il a l’air participatif (effectivement, il prend bien les corrections à partir d’une page blanche ou d’un champ de bataille de chiffres et de lettres). Nous allons travailler au plus près des parents qui sont particulièrement persuadés que leur fils peut faire de grande chose (une faute d’orthographe volontaire permet d’envisager un objectif raisonnable).

S’ensuit une rencontre dédiée avec les parents qui m’en disent plus sur le jeune homme. Il a un frère « tête d’ampoule » et ce serait une raison de son blocage. Il aime l’informatique (quand ils aiment l’informatique, c’est souvent qu’ils aiment surtout les jeux vidéo). Tout le monde l’aide et il travaille à la maison. Je leur promets que je vais les tenir au courant quotidiennement de l’avancée des travaux (par mail). Nous nous quittons plein d’espoirs.

Les premiers temps

Nous apprenons à nous connaître. Il est poli, un peu beaucoup trop en retrait et les conversations ressemblent à des longs jours sans pain, ni croûte, ni mie. J’ai beaucoup de mal à le cerner, à trouver un seul de ses centres d’intérêt. Probablement les jeux vidéo, un monde qui m’est aussi opaque que les secrets du crochet et du point de croix. Je m’apprête à ramer, même si cet adolescent ne montre pas de mauvaise volonté caractérisée.

La suite (prochainement). Une indication : c’est juste une affaire de taille de rame !

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2 commentaires sur “AESH : Parents, je t’aime, moi non plus (3)

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