Aubagne : une petite fille handicapée sans auxiliaire de vie scolaire, une aide indispensable en classe.

Vic sera restée sans auxiliaire de vie scolaire (AVS) pendant un mois et demi. Vic a 4 ans, elle est en première année de maternelle à l’école La Vassale, elle s’exprime bien mieux que les enfants de son âge, très dégourdie elle est pleine de vie. Cette jolie petite blonde aux yeux bleus souffre de l’amaurose congénitale de Leber, une maladie génétique, et ne voit pas depuis sa naissance. Aussi Melita, son AVS, affectée auprès d’elle en avril 2016, lui est d’une aide indispensable en classe.

« Depuis le début de l’année scolaire, Melita était à temps plein aux côtés de Vic, reconnue handicapée à plus de 80 %, témoigne sa maman, Sophie. Son contrat d’un an prenant fin le 14 avril dernier, nous avions fait les démarches de renouvellement bien en amont pour une reconduction de son poste jusqu’à fin juin ».

Le contrat de l’AVS non renouvellé sans prévenir personne.

« Je suis payée par l’Éducation nationale et dépends du lycée Saint-Exupéry, à Marseille, qui a en charge la gestion des AVS du secteur, détaille Melita. J’ai contacté les services concernés fin février, et au retour des vacances de Pâques j’étais toujours sans réponse. Baladée de service en service – la Caf, l’Éducation nationale, Pôle emploi – qui se renvoyait la balle, on a fini par apprendre que je n’étais pas renouvelée, sans obtenir de véritable raison. Je suis indignée que personne ne nous ait prévenues ».

On indique à Melita, employée comme tous les AVS du département en contrat CUI (Contrat unique d’insertion, qui dépend de Pôle emploi) qu’elle n’est plus éligible. Le parcours du combattant, que ne connaît que trop bien Sophie depuis la naissance de sa fille, commence alors.

« Il avait été déjà compliqué de trouver une école qui accepte Vic… Elle va grandir dans un monde de voyants sans y voir, c’est dès maintenant qu’elle doit s’intégrer, la scolariser dans un établissement spécialisé ne me semble pas la solution… » « On a appelé partout, sans retour, regrette-t-elle. Il manque tellement d’AVS… Je me suis entendue dire que je devais m’estimer heureuse d’en avoir une ! Je connais une petite, autiste, en maternelle elle aussi, déscolarisée faute de pouvoir être suivie ».

Aveugle, Vic, 4 ans et en maternelle, a besoin d’une AVS
Et la maman indignée de poursuivre : « On s’est alors exprimé, avec mon mari, sur les réseaux sociaux pour sensibiliser sur notre situation, message largement repris qui nous a permis d’avoir des contacts auprès de Pôle emploi et de l’inspection académique. » Mais ce n’est pas la fin du combat pour autant. Melita n’est pas reconduite, et c’est elle également qui assurait l’accompagnement des élèves à la cantine, cette fois sous contrat de 6 h avec la mairie qui ne peut la prolonger dans cette fonction si l’Éducation nationale ne le fait pas en tant qu’AVS… Le serpent se mord la queue.

Le cri d’alarme lancé sur les réseaux sociaux finira par payer… Après un mois et demi.

Une solution est finalement trouvée par la Ville pour la cantine, les lundis et jeudis midi. Les autres jours, Sophie, très entourée, arrive à faire récupérer sa fille, qui ne peut rester manger sans auxiliaire pour des questions d’assurance de l’école. École qui est dirigée par Edwige, aussi maîtresse de la petite fille et un vrai soutien pour la famille.

En revanche, le vendredi après-midi reste problématique et soumis à une véritable organisation. En effet, la maman est tout de même obligée de ne pas travailler, son enfant ne pouvant bénéficier des activités périscolaires.

Finalement, le cri d’alarme lancé sur internet paie. Fin mai, l’Éducation nationale fait savoir à Melita, actuellement au chômage donc, qu’elle sera à nouveau AVS dès la rentrée de septembre. « Ils se disent sûrs à 80 % que je serai auprès de Vic, espère-t-elle. C‘est par affection pour elle que j’ai accepté un contrat différent, je ferai une heure de plus pour 100 € de moins ». Tandis qu’après un mois et demi seule ou presque, Vic est désormais accompagnée par Isabelle, depuis le 1er juin jusqu’à la fin de l’année scolaire. « C’est un soulagement, confie Sophie, mais Vic s’est attachée à Melita et j’espère qu’à la rentrée nous ne serons pas déçus ».

http://www.laprovence.com/article/papier/4506443/une-petite-fille-handicapee-se-retrouve-sans-avs.html

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