Plutôt que d’affecter une auxiliaire de vie scolaire à Yoni, le Département préfère une autre solution

Yoni, 9 ans tout juste, passe en CM1. Malgré ce handicap qui l’empêche d’écrire correctement, le garçon veut bien faire ces choses, simples pour les autres, mais qui, pour lui, sont autant d’obstacles. Plutôt que de lui affecter une auxiliaire de vie scolaire, le Département préfère une autre solution.

Dans le jargon des spécialistes, Yony est ce qu’on appelle un enfant « dys » (pour dysgraphie). Trois lettres bien mystérieuses, que le garçon a bien du mal à inscrire sur son cahier d’écolier car il présente un trouble du langage écrit , ainsi que des problèmes importants en termes de motricité fine, qui influent sur son comportement. Ses difficultés sont donc surtout visibles en classe, même si le garçon est indemne de déficit intellectuel. Au test de QI, « il est même un peu au dessus de la moyenne », précise Mélanie Legault, sa mère.

Sa souffrance était telle en CE2, avec des résultats scolaires en berne, que l’école a appuyé en décembre 2016 la demande officielle de ses parents, auprès de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), une instance du Département, pour qu’il bénéficie d’un auxiliaire de vie scolaire. Yony pourrait ainsi dicter ses réponses à son AVS qui les écrirait à sa place. Mais la CDAPH 62 a refusé la demande en première instance et a maintenu sa décision lors du recours amiable fin avril. Elle propose à la place, et « dans un premier temps , explique Céline Renault, du Département, un plan personnalisé de scolarisation ». En clair, la création d’une équipe dédiée au sein de l’établissement avec un enseignant référent et un suivi continu. Pourtant le Collectif Émilie handicap avait aussi porté le dossier AVS. « J’ai tout de suite accepté d’accompagner cette famille, explique Mireille Delbar, une bénévole de Saint-Pol-sur-Ternoise, aussi mère de deux enfants dys, même si je n’ai eu que huit jours pour potasser le dossier avant de le défendre en commission. » Et d’insister : « Mais la rentrée, c’est dans moins d’un mois. Yony est bon à l’oral, il lui faut simplement un AVS le temps de la rééducation, pour compenser ce trouble. »

« Il dit non avec la tête, mais il dit oui avec le cœur. Il dit oui à ce qu’il aime. Il dit non au professeur. » Yony peut faire penser à cet élève, un peu différent, du célèbre texte de Jacques Prévert. Son école porte d’ailleurs le nom du poète. Il ne lui manque aujourd’hui qu’une attention particulière pour reprendre confiance en lui et, « avec les craies de toutes les couleurs, sur le tableau noir du malheur », écrire en grand le mot « bonheur ».

http://www.lavoixdunord.fr/203209/article/2017-08-11/yony-entre-au-cm1-pour-l-instant-sans-auxiliaire-de-vie-scolaire

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