« AVS: s’il y a une notification, l’académie devrait jouer son rôle » sans quoi « les enfants ne sont pas accueillis avec la qualité que la société leur doit ».

La loi de 2005 prévoit le « recours à l’accompagnement humain pour une aide individuelle ou mutualisée et à des matériels adaptés » pour « rendre possible l’accomplissement de la scolarité »
Chaque année, malgré les notifications MDPH, des élèves en situation de handicap sont scolarisés sans suivi par un(e) AVS ou AESH (*).

Le fils de Florent, souffrant de troubles spécifiques du langage, était suivi par une AVS depuis quatre ans. Il y a quinze jours, ses parents ont appris via le proviseur du collège où il est scolarisé que cette année, il n’aura pas d’accompagnement. « Depuis la rentrée, on cherche à joindre la personne chargée de la coordination, sans réponse », s’exaspère son père. Et il n’est visiblement pas le seul.

En 2016, la Maison des Personnes Handicapées (MDPH) a pris une décision d’accompagnement par un(e) AVS ou AESH pour 640 jeunes Nivernais. Inscrite dans le plan personnalisé de scolarisation, cette notification permet à un enfant en situation de handicap de bénéficier d’un accompagnement entre 12 et 24 heures par semaine.

La Dsden parle d’environ 300 équivalents temps plein d’AVS/AESH sur le département ; un chiffre qui inclut les accompagnants mutualisés, c’est-à-dire celles partageant leur temps entre plusieurs enfants. Sur l’année 2016-2017, il y avait, en fonction des sources, entre 50 et 100 enfants scolarisés avec une notification AVS et qui pourtant n’étaient pas accompagnés.
Laurence Astier, secrétaire générale de la Dsden, reconnaît « une contrainte d’enveloppe, mais pas exclusivement : il faut aussi jongler entre la typologie de contrats et la problématique de l’éparpillement géographique ».

« À partir du moment où il y a une notification, l’académie devrait jouer son rôle »
ÉRIC GUYOT (Syndicat SE-UNSA)

Un contexte que dénoncent syndicats et parents d’élèves. « On ne met pas les moyens qu’il faut pour accompagner ces enfants et leur donner les mêmes chances qu’à tous les autres, » regrette Patrick Vénéreux, secrétaire départemental FO lycées et collèges. « À partir du moment où il y a une notification, l’académie devrait jouer son rôle », revendique Éric Guyot, du SE-Unsa, sans quoi « les enfants ne sont pas accueillis avec la qualité que la société leur doit ».

« Si je ne suis pas là, il va rester dans la classe, mais ne suivra rien »

Pour ces enfants, l’aide de l’AVS est parfois indispensable : elle peut pallier les problèmes d’attention, de concentration, de compréhension, de déplacement, de vie en groupe ou encore les difficultés pour lire ou écrire. « J’ai un rôle de scripteur au quotidien, l’enfant que je suis écrit très mal, se fatigue très vite ; il faut réexpliquer les consignes, le remotiver ; le faire rire », précise une AVS qui préfère rester anonyme. « Si je ne suis plus là, il va rester dans la classe, mais ne suivra rien. »

C’est aussi le cas du fils de Florent à qui écrire demande énormément d’énergie et qui ne peut se concentrer ni longtemps, ni à la fois sur la dictée de son professeur et sur l’écriture : « Il a la chance d’être dans un petit collège, avec des effectifs convenables. On a rencontré les enseignants, on les a prévenus. Mais au fur et à mesure, les compétences qu’on va lui demander se compliqueront ».

Éric Gien, adjoint au Dasen, tient à rappeler le rôle central de l’autonomisation : « L’AVS, ce n’est pas une baguette magique ». Et d’ajouter : « Il faut veiller en permanence à l’autonomisation de l’élève, ce qui veut aussi dire diminuer le temps de présence de l’AVS ». Christine Bartolo, enseignante référente, rappelle « le suivi avec des partenaires qui peut permettre d’adapter l’enseignement » en cas d’absence d’AVS.

« Les enfants qui ne sont pas accompagnés aujourd’hui le seront demain »
ÉRIC GIEN (adjoint au Dasen)

Éric Gien évoque une phase de recrutement en cours : « Les enfants qui ne sont pas accompagnés aujourd’hui le seront demain » et prend l’exemple du second degré, pour lequel il est plus difficile de trouver des accompagnants. Florent, lui, en est sûr : « Parti comme c’est, il n’aura pas de suivi de toute l’année ».

(*) AVS : Auxiliaire de vie scolaire ; AESH : Accompagnant des élèves en situation de handicap.

http://www.lejdc.fr/nevers/social/institutions/2017/10/10/des-eleves-handicapes-de-la-nievre-scolarises-sans-auxiliaire-ou-accompagnement_12583077.html

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