Drôme : le blues des AESH, les accompagnants d’élèves handicapés (via France Bleue)

Les Accompagnants d’élèves en situation de handicap de la Drôme s’inquiètent pour leur avenir. ce mercredi à Valence, ils ont remis à la direction d’académie une pétition pour réclamer un vrai statut.

Elles sont encore dans l’attente les AESH drômoises. Elles ne savent pas encore si elles travailleront en septembre. Les affectations seront distribuées durant l’été : « On ne le vit pas très bien. On ne sait jamais si on sera renouvelée«  explique cette accompagnatrice qui travaille dans le bassin valentinois. Elle ne veut pas donner son prénom. Elle enchaîne les CDD depuis plus de cinq ans : « On ne peut pas tenir sur le long terme. Je vois des collègues qui s’essoufflent, certaines sont démoralisées. J’ai pu passer par des moments difficiles. »

Les AESH sont payés en moyenne entre 600 et 700 euros. Et parce que cela ne suffit pas pour vivre, deux accompagnatrices que nous avons rencontrées ont un autre travail à côté, pour compléter. Elles travaillent seulement une vingtaine d’heure par semaine, comme Cécile, à Cléon d’Andran. Elle suit quatre élèves au collège : « On reformule, on relit. Parfois on peut réécrire. »

Cécile n’a jamais suivi de formation. « C’est ce qui me manque » dit-elle. Elle poursuit : « On nous demande d’être spécialisé avec ces enfants, alors que l’on ne l’est pas. On doit se débrouiller avec des enfants qui ont des difficultés différentes. »

Des professeurs s’indigent de ces conditions de travail

Pourtant, quand on discute avec ces accompagnants d’élèves handicapés, certains d’entre parlent de leur métier avec passion comme Noémie*, elle est AESH depuis quatre ans vers Crest. Elle est désabusée par le manque de reconnaissance : « C’est très frustrant, de ne pas arriver jusqu’au bout, au terme de l’exercice, c’est l’heure et on doit rejoindre un autre élève. On ne fait pas du très bon travail. »

On finit par se demander si on ne va pas faire autre chose. Noémie, AESH vers Crest depuis 4 ans.

Alixe Poncelin s’est rendue à la direction d’académie ce mercredi pour déposer la pétition. Elle est militante chez Sud Education. Cette institutrice drômoise est épaulée quelques heures par semaine par une AESH. Elle regrette surtout le manque de concertation : « La relation est limitée. On n’a pas tellement de temps pour échanger. Les AESH ne restent pas tous manger. Ce n’est pas inscrit dans leur temps de travail. »

Pour tenter d’aider le plus d’élèves en difficulté, la direction d’académie de la Drôme annonce des contrats d’AESH supplémentaires en septembre. Il y en avait 420 à la rentrée 2018

Le gouvernement, de son côté, s’engage à lutter contre la précarité de ces accompagnants d’élèves handicapés. Selon le ministère de l’Éducation nationale : « L’objectif est d’arriver à 30% de temps plein à la rentrée« .

Le ministère qui assure également des recrutements en CDD de trois ans, renouvelable un fois, avec la clef, la promesse d’un CDI.

*Noémie, le prénom a été changé.

 

 

https://www.francebleu.fr/infos/education/drome-le-blues-des-aesh-les-accompagnants-d-eleves-handicapes-1562178831?fbclid=IwAR2aYQpXcpJZ4I7FlCWvFKZ5uRjS6JcDWUGbJcOE30lcY69dHpc8Zu7-F5A

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