Péripéties d’AVS

Autant l’année dernière s’est passée à merveille autant cette année c’est la catastrophe.

Quelques jours avant la rentrée je reçois les fameuses affectations, jusque là ça va. Je passe au collège avec le même enfant + un autre; je me dis cool ça se présente bien.

Jours de la rentrée = 1 seul élève car le 2ème a déménagé. Pas grave ça arrive, alors je signale au dispo qu’il me manque 11 h. On me répond (pas tout de suite mais après 10 mails) qu’ils vont me trouver une nouvelle affectation, mais en attendant je dois me mettre à disposition de la principale du collège.
Bien sûr après quelques jours de dépoussiérage et de classement de livres en bibliothèque j’en avais un peu marre. C’est pas mon job !

29 Septembre = nouvelle affectation pour un ado de 16 ans en lycée pro (CAP chaudronnerie) souffrant de TED.
Le 2 octobre j’arrive un peu anxieuse au lycée et oui mine de rien nous n’avons plus du tout les mêmes individus en face de nous. Et là la mayonnaise prend tout de suite; ce qui a même étonné la prof car elle croyait qu’on se connaissait.
Le 12 octobre on organise son ESS et là c’est la douche froide. Cet élève est notifié pour 23 h mais moi je suis présente que 11h. La mère (ainsi que certains profs) est consciente que son fils a besoin d’aide surtout sur les matières générales et qu’en atelier il est très autonome et qu’une avs n’est pas indispensable. En plus elle aussi est épatée par la confiance qu’il a en moi.
Ouah ça fait chaud au coeur!!
Mais c’est sans compter sans l’intervention du prof principal qui est aussi celui d’atelier qui est aussi très copain avec l’enseignant référent et avec une autre avs. Cette dernière voit un de ses élèves partir après les vacances de Toussaint et a 18h de dispo. Vous devinez ce qui suit?
« Ça serait bien qu’une avs soit avec lui en atelier car dans mon autre classe la présence de l’avs ( mentionnée ci dessus) sert à toute la classe ».
La maman précise à ce moment-là qu’une avs-i intervient pour 1 enfant et non 1 classe, qu’elle se bat pour l’autonomie de son enfant et que le fait de réussir tout seul en atelier lui donne confiance en lui mais personne ne l’entend.

Le référent tranche : je pars à la fin de semaine et encore une nouvelle affectation!
Quand je lui ai annoncé la nouvelle il s’est refermé comme une huître et ne fait plus rien. Il ne veut pas revenir en cours après les vacances.

Aujourd’hui = mail pour une nouvelle affectation
On m’envoie à + de 20 km de chez moi dans une région qu’on appelle chez nous les « terres froides ». Ça vous donne déjà une idée de l’accessibilité surtout en plein hiver.
30 à 40 mn de trajet pour y aller.
J’ai donc pris papier/crayon pour faire mes calculs et voilà le résultat :
* 960 km/mois soit 240/semaine.
* Selon les emplois du temps certains jours où je dois faire 2 allers-retours(80 km/ jour).

A ce rythme ma voiture qui n’est plus de toute jeunesse va rendre son dernier souffle et je devrais en changer, je serais obligée d’inscrire mes enfants à la cantine et à la garderie,…
J’ai donc fait part de mon refus de ce poste au dispositif mais ils ne voient pas où est le souci.

Moi non plus je ne vois pas un souci mais plusieurs :
*Sur ma fiche de paie, un montant qui me permette de faire face à ces nouvelles dépenses
*J’aime ce que je fais mais pas au détriment de ma vie de famille.
*Être un pion
*……….

J’attends la réponse à ma demande et je verrais bien comment ça se passe.

 

…..

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(en bref) AESH : que faire en cas de grève ?

– De manière générale, si l’AESH/AVS ne souhaite pas faire grève, il faut en avertir l’employeur (et pas forcément l’établissement dans lequel on travaille,  qui ne fera pas toujours le lien). L’employeur varie selon le type de contrat.
– Si on travaille sur deux établissements et que l’un d’eux est fermé, se rendre dans le deuxième, même si l’élève n’est pas présent.
Capture

Christel AESH attend toujours son salaire de septembre !

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Aesh depuis 4 ans , maman solo …salaire médiocre , temps de travail limité mais bon… quand on en a besoin…
Tout se passe très bien j ai toujours bossé avec des équipes géniales . J y suis toujours allée par plaisir .
Mais le 27 / 09 jour ( tant attendu) de la paie …RIEN .
Et je vous le dis de suite ….toujours rien .
Innombrables coups de fil , mails , courriers..et j’en passe .
Les filles des bureaux sont extrêmement gentilles ….mais ça ne nous nourrit pas .
Alors depuis je vis avec la caf ( 113€ ) la pension alimentaire ( 100€) et 100€ de  » black  » ….un peu obligée de frauder vu le salaire minable ….
Voilà …demain peut être…
Je n ai jamais rien demandé ….
Mais être payée pour ce que je fais OUI !!!!
Alors à demain pour de bonnes nouvelles ( ou pas )
L’espoir fait (sur)vivre ….

Caméra café (mais sans caméra)

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Dans le collège où je travaille, la machine à café est un endroit stratégique. On y apprend des choses intéressantes sur les profs, la direction, les élèves et parfois on y a même des conversations des plus pertinentes. Et puis parfois on est témoin bien malgré nous du mépris de certains à notre égard.

Petit florilège de propos fort peu sympathiques :

  • Tu devrais pas être dans la cour avec tes ULIS ?  Dans ces cas là, je prends mon café et je vais dans la cour
  • Oups on a oublié de venir chercher les ULIS pour l’élection des délégués, de toutes façons ça ne les intéresse sans doute pasDans ces cas là, je prends mon café et je vais dans la cour
  • Tes élèves ils sont gentils hein, mais je n’ai pas le temps de m’occuper d’eux (en EPS, ou en SVT, ou en musique….). Ils seraient peut être mieux en ULIS ! Dans ces cas là, je prends mon café et je vais dans la cour.

A ce stade vous avez sans doute l’impression que je prends souvent mon café pour aller dans la cour, mais que nenni, parfois je m’obstine et je reste.

  • Alors que je fais tranquillement la queue pour obtenir le précieux breuvage : « Je te passe devant hein, je ne suis pas pressée, mais je n’ai pas envie d’attendre » Ah bon par contre moi je le suis, je dois aller dans la cour.
  • Dis donc tes élèves si ils comprennent rien, ça sert à quoi que je les garde ? Oh ba ils en apprennent toujours plus que si ils ne venaient pas.
  • Mince on a oublié tes ULIS pour la photo de classe ! Ah oui c’est dommage, déjà que c’est pas simple pour eux de se sentir élève, j’espère que les parents ne vont rien dire.
  • Tes élèves on les prend à Collège et cinéma ? Ils vont rien comprendre. Oui oui il faut les prendre, déjà parce qu’ils font partie de la classe et aussi parce que ça fait partie de ce qui leur manque : une ouverture culturelle.

La suite à la prochaine récré…

Sophie AESH

Maintenant tous les élèves sont dys ou hyperactifs….

Après une journée émotionnellement chaotique, me voilà dans le bureau de l’infirmière pour évoquer avec elle les situations quelque peu aberrantes vécues ce jour.

Bientôt aura lieu le cross de l’école. La direction de l’établissement souhaite que chaque membre de l’équipe pédagogique s’investisse pour la réussite de cette journée. Dans la logique des choses, il semblerait plus que judicieux que je fusse affectée aux élèves que j’accompagne traditionnellement. Sauf l’équipe enseignante a jugé bon sans m’en parler de m’attribuer une classe à accompagner jusqu’au stade…. Devant mon refus catégorique de m’acquitter de cette tâche, un enseignant me répond « Ba bravo la solidarité ». Je passe sur le fait que ce jour là je ne travaille pas l’après-midi, sur le fait que ça ne fait pas partie de mes missions.

En salle des maîtres à 10 h j’assiste quelque peu interloquée à une discussion entre deux enseignants. Je vous fais grâce des propos fort peu élogieux sur les élèves en situation de handicap de l’ULIS, je vous laisse juste profiter de cette phrase pleine de jugement et de condescendance « Maintenant tous les élèves sont dys ou hyperactifs…. ». Avec les magnifiques sous-entendus du genre : ils sont justes pénibles et mal élevés, ou encore ils n’ont qu’à bosser pour y arriver.

A la cantine à midi, Kimberley mangeait à la cantine pour la première fois et avait des difficultés à vider son plateau. Un enseignant à mon encontre « Ils peuvent pas se dépêcher tes ULIS ? »  Vous remarquerez au passage que Kimberley n’est plus une élève, qu’il a oublié qu’elle était là, et que les apprentissages parfois ça prend du temps. (en même temps sans vouloir le balancer, cet enseignant n’avait rien de prévu).

En CM2 aujourd’hui c’était l’élection des délégués de classe, à part pour les élèves du dispositif ULIS « qu’on a oublié d’aller chercher ». Ba oui en même temps il y a quand même un couloir à traverser.

Merci à ma collègue infirmière qui a écouté mes petits soucis du jour, et vivement que les gens changent.

Sylvie AESH en ULIS école

Pétition : STOP À LA MALTRAITANCE SOCIO-ÉCONOMIQUE DES AVS

Concitoyennes, concitoyens, parents d’élèves, équipes éducatives, personnel de direction d’établissements scolaires, équipes soignantes, accompagnants d’élèves en situation de handicap, nous, Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap (AESH), nous demandons la fin de la maltraitance socio-économique dont nous sommes l’objet.

Vous trouverez le contenu de la lettre que nous adressons à Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République. sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/AESHLoi2005/

Nous sollicitons vos signatures pour avoir plus de chance d’être entendus et écoutés.

Nous réclamons :

– la fin des embauches en CUI mais des embauches directes en contrat AED-AESH ;

– Une adaptation à l’emploi avant la mise sur terrain de l’accompagnant(e) ;

– Une information et une formation plus conséquente des enseignants sur l’accueil des élèves en situation de handicap, de la maternelle à la terminale  et sur le travail collaboratif avec l’accompagnant(e) ;

– Le passage de la « période d’essai » actuellement de six ans à trois ans au moment de la signature du CDI ;

– La prise en compte des années d’ancienneté (six, voire huit ans) au moment du passage en CDI ;

– le non démarrage de l’indice au plus bas de l’échelle indiciaire en CDI ;

– L’application d’une grille indiciaire évolutive ;

– La mise en place des entretiens tri-annuels pour les CDD et les CDI ;

– L’abrogation du décret du 29 janvier 2016 instaurant un diplôme de niveau V ;

– Une concertation pour la mise en place d’un diplôme de niveau IV ;

– La signature de l’Education nationale pour la délivrance du diplôme niveau IV ;

– Le passage du temps plein actuellement de 41heures à 35 heures, payées 41 pour une augmentation de notre pouvoir d’achat ;

– Un salaire net de 1 600 euros net pour un temps plein à 35 heures.

Virginie CASSAND
Isabelle GIRARD
Assima BOUDAA
Amal LAHARI
Alvaro LUNA PORRAS
Marie Dupuis

 

Pour signer c’est par ici

https://www.petitions24.net/stop_a_la_maltraitance_socio-economique_des_avs

 

 

Anatole et le chercheur dans les étoiles

Quand il passe la porte de l’école

Qu’est-ce qui trotte dans la tête d’Anatole ?

Qu’est-ce qui le rend si soucieux ?

Qu’est-ce qui trouble ses grands yeux ?

Est-ce la leçon de vocabulaire ?

Ou de Maurice Carême les quelques vers ?

Rien de tout cela il me semble

 Ce qui lui fait peur c’est d’être ensemble.

Les autres sont très  étranges

Et bien souvent ça le dérange

Il voudrait être un super héros

Être applaudi, qu’on lui dise BRAVO

Mais ici rien de tout cela

Des rêveurs on ne veut pas

Il faut faire comme tout le monde

Faire attention à chaque seconde

Anatole ne va pas bien

Et c’est là que dans sa main

Il sent la sienne qui le soutient

Ouf elle est là, tout va bien.

Anatole n’aime toujours pas l’école

Où tout va droit rien de traviole

Mais maintenant il peut rêver

Car dans les étoiles on viendra le rechercher.

Pour tous les petits rêveurs

et les chercheurs dans les étoiles