Dysphasie

 

 

La dysphasie est une pathologie du développement qui touche de façon spécifique le langage oral. C’est un trouble neurobiologique sévère, durable et déviant (ce n’est pas un simple retard de langage). Ce handicap est lié à un dysfonctionnement des structures cérébrales spécifiquement mises en jeu lors du traitement du langage. Il ne peut pas être expliqué par d’autres troubles.

Les deux versants du langage (compréhension et expression) ainsi que tous les niveaux linguistiques (enchaînement des sons, lexique, syntaxe, discours) peuvent être perturbés à divers degrés de gravité. Par conséquent les formes d’expression de la pathologie sont très variables selon les atteintes. C’est pour cette raison que l’on peut parler de dysphasies au pluriel.

Il existe plusieurs classifications.

On parle souvent de deux grandes catégories: les dysphasies réceptives (atteinte prédominante de la compréhension orale) et les dysphasies expressives (atteinte prédominante de l’expression orale). L’enfant dysphasique a envie de communiquer, ce n’est pas la communication qui est atteinte mais son support oral. Il tente de compenser ses difficultés en passant par la communication non-verbale (gestes, dessins, mimiques…).

On retrouve des particularités dans le langage des enfants dysphasiques (d’après les auteurs Gérard et Monfort) :

  • Un manque du mot: n’arrive pas à trouver un mot pourtant il le connaît
  • Un trouble de compréhension syntaxique (des tournures de phrases)
  • Un trouble de compréhension verbale
  • Une réduction verbale: parle peu, ne prend pas spontanément la parole
  • Un trouble de l’informativité: ses propos manquent de sens et de cohérence
  • Une dissociation entre ses productions automatiques et celles volontaires: il a plus d’aisance pour ce qui est automatique que pour tout ce qui relève d’un ordre, d’une consigne
  • Un vocabulaire hétérogène: il ne connaît pas un mot qui paraît simple et fréquent alors qu’il maîtrise parfois un vocabulaire plus élaboré
  • Une inégalité entre le niveau de compréhension et le niveau d’expression (dans un sens ou dans l’autre).

Troubles associés possibles:

  • Mémoire auditive et mémoire de travail limitées
  • Trouble de l’organisation spatio-temporelle, difficultés de traitement séquentiel
  • Troubles praxiques (défaut d’automatisation de gestes)
  • Troubles visuo-constructifs (déficit de la perception des parties d’un tout entraînant des difficultés dans l’assemblage d’objets)
  • Troubles de la motricité
  • Troubles du comportement: attention altérée, fatigabilité, agitation ou inhibition
  • Troubles cognitifs: difficultés d’abstraction, de généralisation des concepts et d’anticipation des conséquences
  • Problèmes de vitesse de traitement de l’information

Voici les principales aides à lui apporter rapidement:

  • Privilégier les supports visuels
  • Accentuer la communication non-verbale (mimiques, gestes, dessins…)
  • Laisser plus de temps à l’enfant, aller à son rythme
  • Simplifier les consignes, donner une information à la fois
  • Allier l’utilisation des 3 sens: voir, entendre, toucher
  • Faciliter l’expression orale de l’enfant

Parmi les pistes que vous trouverez dans ce document toutes ne seront pas utiles pour l’enfant que vous accompagnez, chaque enfant dysphasique est unique.Vous trouverez par la suite des pistes pratiques classées par rubrique. Il est important de mettre en place celles qui lui seront bénéfiques en collaboration avec toute l’équipe, à commencer par l’enseignant.

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