Elèves dys : en attendant l’avancée de la science, ils réussissent leurs études grâce aux aménagements auxquels ils ont droit

Une récente étude établie par des chercheurs de Rennes relance le débat sur les causes de la dyslexie. Un trouble des apprentissages qui touche de nombreux jeunes français. En attendant un traitement qui pourrait les guérir, les jeunes bénéficient souvent d’une scolarité adaptée.

Le secret de la dyslexie bientôt découvert? Une étude publiée mercredi 18 octobre dans la revue de référence The Royal Society pourrait en tout cas apporter une piste supplémentaire sur le sujet. Selon Albert Le Floch et Guy Ropars, les deux physiciens de l’université de Rennes 1 à l’origine de cette étude, la dyslexie pourrait venir d’une symétrie au fond des yeux. Celle-ci créerait chez les dyslexiques des «images miroirs» entre lesquelles ils seraient incapables de choisir. «Nos observations nous permettent de penser que nous avons trouvé une cause potentielle de la dyslexie» a affirmé l’un des auteurs de l’étude, Guy Ropars à l’AFP. Les deux chercheurs ont également mis au point un système de lampe de lecture qui permettrait de corriger cette anomalie.

Cette publication pourrait-elle donner un espoir de traitement? «Nous appelons à considérer ce résultat avec prudence, il n’y a pour l’instant aucune certitude même si nous regardons cette étude avec intérêt», répond Anne Partiot, vice-présidente de l’Association nationale des associations de parents d’enfants dyslexiques (Anapedys).

«Si cela se confirmait, cela pourrait aider beaucoup de jeunes en difficulté»
Julien, 20 ans en troisième année de bachelor à l’Ifag
Selon une étude de l’Inserm, il y aurait entre 3 et 10 % de dyslexiques en France, soit 700 millions de personnes. Parmi elles, de nombreux jeunes qui ont dû, dès leur plus jeune âge, apprendre à vivre avec leurs troubles. Comment ont-ils accueilli cette nouvelle? «Je ne suis pas convaincue, car l’échantillon, 30 dyslexiques, me paraît trop petit pour être crédible», commente Cécile, 21 ans, étudiante en licence de biologie et dyslexique. Même point de vue pour Baptiste, 17 ans, élève de terminale S à Reims: «Je suis très étonné car on m’a toujours dit que la dyslexie venait du cerveau. Si cela se confirmait, cela pourrait aider beaucoup de jeunes en difficulté», se réjouit-il. Julien, 20 ans en troisième année de bachelor à l’Ifag, a également une opinion mitigée sur le sujet: «La dyslexie n’est pas une science exacte, alors, pourquoi pas. Dans tous les cas, moi, j’ai toujours vécu avec et je ne vois pas pourquoi je devrais changer», lance-t-il.

En attendant l’avancée de la science, les jeunes essaient de vivre avec. «Je suis dyslexique, dyspraxique et dysorthographique», énumère Baptiste. Des troubles qui lui ont posé de «nombreux problèmes» au cours de sa scolarité.
«Lorsque j’écris, c’est très saccadé, difficilement lisible», explique-t-il. C’est pourquoi, depuis l’école primaire, il utilise un ordinateur pour prendre des notes. «Ça me simplifie la vie, même si j’ai également besoin d’un AVS (auxiliaire de vie scolaire NDLR) pour m’aider, car j’ai du mal à écouter et comprendre le cours tout en prenant des notes», détaille-t-il. Au cours de sa scolarité, le jeune homme a donc été accompagné par un AVS dans chacun de ses cours, sauf dans des matières comme le sport, l’art plastique ou la musique. «Il prend des notes pendant que moi, j’écoute et j’essaye de comprendre et de mémoriser le cours», précise le lycéen.

Pour Julien, les difficultés ont aussi commencé dès son entrée à l’école. «En primaire, j’avais du mal avec les poésies, les dates à apprendre, c’était très difficile, se souvient-il. Je dispose d’un ordinateur en cours depuis le CM2, et pour les partiels, je bénéficie d’un tiers-temps.»

«Des associations sont susceptibles d’aider les familles»

En effet, depuis la loi de 2005, les élèves souffrant de dyslexie peuvent bénéficier de dispositifs pédagogiques et d’aménagement de leurs examens (voir plus loin). Cécile a un secrétaire scripteur à qui elle dicte ses énoncés. Celui-ci est mis à sa disposition par l’université et la jeune fille n’a rien à débourser. Au collège, en cours, quelqu’un prenait des notes pour elle. «Au lycée, j’avais le droit à un logiciel de dictée vocale qui s’appelle ‘Dragon’: j’étais mise dans une salle à part avec mon ordinateur, je dictais et je rendais le tout sur clé USB», se souvient-elle. Seul bémol, tous les dispositifs ne sont pas tous gratuits. L’ordinateur et le logiciel qu’elle utilisait avaient été entièrement financés par sa famille. «Mais il y a des associations qui sont susceptibles d’aider les familles d’élèves dyslexiques», précise la jeune femme.

Une progression avec le temps

Être un étudiant dyslexique n’est pas de tout repos. «Cela demande beaucoup plus d’efforts, expose Baptiste. Je mets plus de temps à comprendre, à apprendre. Tout au long de ma scolarité, j’ai toujours dû travailler plus que les autres», ajoute-t-il. Cette année, alors qu’il s’apprête à passer le bac, le lycéen avoue passer la plupart du temps à travailler: «Parfois le week-end, je trouve du temps pour me reposer ou voir mes amis», précise-t-il tout de même.

Heureusement, les problèmes liés à la dyslexie diminuent avec le temps, et le travail. «En primaire, je passais six heures par semaine chez l’orthophoniste quand mes amis allaient au tennis», se rappelle Julien. Ces professionnels, chargés de rééduquer les personnes ayant des troubles de la voix, de la parole et du langage, sont très indiqués pour faire progresser les jeunes atteints de dyslexie. «Lorsque j’étais petite, j’y allais souvent, ce qui m’a permis de faire énormément de progrès», confirme Cécile.

Aujourd’hui, malgré leurs troubles, une grande partie des jeunes parviennent à réussir leurs études. «Ce n’est pas quelque chose qui m’a handicapé durant ma scolarité», lâche Julien. «Grâce aux méthodes que l’on m’a apprises, j’arrive à apprendre plus facilement, plus rapidement. Et je dois avouer que je suis plutôt optimiste pour le bac», conclut Baptiste.

Bac et examens: les aménagements possibles en cas de dyslexie

Pour obtenir un aménagement de la scolarité et des épreuves du bac, la famille devra contacter le chef d’établissement, le médecin scolaire, l’enseignement référent handicap de l’établissement (demandez au chef d’établissement), et la Maison départementale des personnes handicapées. Les aménagements possibles sont variables selon la gravité du handicap.

-Une majoration du temps imparti pour une ou plusieurs épreuves, qui ne peut excéder le tiers du temps normalement prévu pour chacune d’elles. Cette majoration peut cependant être allongée en cas de situation exceptionnelle, sur demande motivée du médecin désigné par la CDAPH (Commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées ).

-Les conditions de déroulement des épreuves, pour bénéficier de conditions matérielles (utilisation de photocopies ou d’ordinateurs pour la prise de notes), d’aides techniques ou humaines, appropriées à la situation,

-La conservation, pendant 5 ans, des notes aux épreuves ou des unités obtenues à l’un des examens, ainsi que le bénéfice d’acquis obtenus dans le cadre de la procédure de validation des acquis de l’expérience.

-La possibilité depuis 2013, de demander à passer les épreuves de langues uniquement à l’oral.

-L’étalement du passage des épreuves sur plusieurs sessions.

-Des adaptations d’épreuves ou des dispenses d’épreuves, rendues nécessaires par certaines situations de handicap.

http://etudiant.lefigaro.fr/article/dyslexie-en-attendant-l-avancee-de-la-science-ils-reussissent-leurs-etudes_576d05bc-b4c7-11e7-9d08-87d71e0f1c12/

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AVS en contrat aidé/ AESH en CDD de droit public: deux statuts différents, même métier même précarité

Auxiliaires de Vie Solaire (AVS) et Accompagnants d’Elèves en situation de Handicap (AESH) exercent les mêmes fonctions:

Accompagnement des élèves dans l’accès aux activités d’apprentissage

Accompagnement des élèves dans les actes de la vie quotidienne

Accompagnement des élèves dans les activités de la vie sociale et relationnelle

détail des missions: http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=115996

Les accompagnants scolaires peuvent être embauchés par le biais de deux types de contrats:

1 )Dans la majorité des cas, les AVS: des agents engagés par contrat unique d’insertion-contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) recrutés sous contrat de droit privé régi par le code du travail.

Les candidatures sont recueillies par les agences locales pour l’emploi qui vérifient si les conditions d’éligibilité au CUI sont remplies. (demandeurs d’emplois de longue de durée (plus de 2 ans), ou âgés (plus de 50 ans) ou bénéficiaires des minima sociaux… )

Le CUI est passé pour une durée de 12 mois maximum, renouvelables dans la limite de 24 mois. La durée minimale est de 6 mois..
Cette durée peut notamment être portée à 5 ans pour les salariés âgés de cinquante ans et plus rencontrant des difficultés particulières qui font obstacle à leur insertion durable dans l’emploi (la condition d’âge s’apprécie à l’échéance de la durée maximale d’attribution de l’aide à l’insertion professionnelle), ainsi que pour les personnes reconnues travailleurs handicapés.

Après deux années d’expérience dans des fonctions d’accompagnement des élèves en situation de handicap, ces salariés peuvent être recrutés comme AESH, dans la limite des postes disponibles et des besoins sur l’académie, sans qu’une condition de diplôme leur soit opposable.

2) Les AESH: des agents contractuels sous contrat de droit public,recrutés directement par l’Education nationale.

Pour être recruté en CDD, il faut avoir un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne :
Diplômes d’Etat Auxiliaire de vie sociale (DEAVS)
Diplôme d’Etat Aide médico-psychologique (DEAMP)
Diplôme d’Etat d’accompagnant éducatif et social (DEAES)

Peuvent être dispensés de la condition de diplôme, les candidats qui justifient d’une expérience professionnelle de 2 ans dans le domaine de l’aide à l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap ou de l’accompagnement des étudiants en situation de handicap (CUI-CAE ou salarié d’une association conventionné).

Les AESH peuvent bénéficier d’un contrat à durée déterminée renouvelable dans la limite de 6 ans. Lorsque l’État conclut un nouveau contrat avec une personne ayant exercé pendant six ans en qualité d’accompagnant des élèves en situation de handicap, en vue de poursuivre ces missions, le contrat est à durée indéterminée.

pour plus de détails, voir la circulaire: http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=115996

Qu’ils soient recrutés en contrat aidé (AVS) ou en contrat CDD de droit public (AESH), les accompagnants scolaires subissent la même précarité.
Le Ministre de l’Education Nationale J.M Blanquer a tendance à qualifier les CDD AESH de contrats « plus robustes, plus stables » que les CUI AVS.

Les CDD AESH sont aussi des contrats à temps partiels subis,par conséquent des salaires très faibles ( en moyenne 700 euros/mois), ne permettant pas de vivre dignement.
Bien souvent, pas de prise en compte des heures dites « invisibles » ( préparation des aménagements, temps de réunions …)
Il n’y a toujours pas de fiche de poste mettant en évidence de manière claire les missions attribuées aux AESH, ce qui permet de nombreuses dérives de la part des chefs d’établissements scolaires.(surveillance des études, travail administratif …)
Nous ne sommes pas systématiquement intégrés à l’équipe de suivi éducatif des élèves que nous accompagnons.
Le CDi n’est pas automatique, il ne s’obtient qu’au bout de 6 ans de CDD, nous ignorons chaque année si nous allons être renouvelés ou non.
Aucune formation au handicap ne nous est proposée, le DEAES mis en place ne correspond pas à notre métier ni à notre niveau de qualification ( niveau V).
Nous ne faisons pas partie de la fonction publique donc nous n’avons pas d’évolution de carrière possible ( concours internes) ni de droit à la mutation.

C’est pour cela que les AESH revendiquent la titularisation, la création d’un vrai métier statutaire de la fonction publique. Des quotités horaires plus importantes, une formation adaptée. Pour sortir de la précarité et offrir une scolarisation de qualité pour tous les élèves en situation de handicap que nous accompagnons.

« Je suis maman et AESH, j’accompagne depuis 8 ans des enfants qui, comme mon fils, ne rentrent pas dans les cases trop étroites de l’éducation nationale »

Maman d’un enfant dyspraxique, c’est le parcours du combattant pour nous parents et nos enfants (et eux ils sont vraiment au front !!!). Mon fils a réussi à franchir les portes du lycée et est en 1èreL avec ordinateur mais sans AVS (ou AESH…) !!
« Contre toute attente » également car en fin de troisième, ils n’étaient pas nombreux au conseil de classe à parier sur la filière générale… Déjà, en fin de primaire, ils étaient plus que sceptiques sur la suite des études…

On est très fiers de son parcours et je dirais qu’enfin il a trouvé sa place …
Mais à quel prix !!! 10 années à ramer à contre-courant !!
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort…alors il est armé mon fils… Mais que de doutes, que de souffrances…
Avec le recul, je ne sais pas si je reprendrais le même chemin…mais quel autre choix ??
Je suis aussi AESH, j’accompagne depuis 8 ans des enfants qui, comme mon fils, ne rentrent pas dans les cases trop étroites de l’éducation nationale. Je le fais avec passion parce que ce sont des enfants passionnants… Et depuis 8 ans je me heurte à l’absurdité administrative qui engendre tous les témoignages que l’on peut lire sur ce blog. Depuis 8 ans j’espère que notre métier va enfin se développer, être reconnu, être valorisé et qu’on pourra en vivre… 634€ net par mois… Il y a urgence !!

Catherine, maman et AESH.

AESH: « Ne pas penser pour les élèves accompagnés, mais avec eux, c’est comme ça qu’ils apprennent»

Grâce à l’opération des P’tits dejs, un médiateur de parcours inclusif, venant en aide aux personnes concernées par la Trisomie 21, a pu être embauché.
Grâce aux bénéfices des opérations petits-déjeuners, l’association Trisomie 21 de Haute-loire a pu embaucher un médiateur de parcours inclusif (MPI), Benjamin Giovagnoli. Le dispositif Prisme (Palette ressources pour l’inclusion socio-médicale) a ainsi vu le jour.

« Se battre pour son enfant, c’est tous les jours »
Ouvert à toutes les personnes en situation de handicap et à leur famille, le MPI vient actuellement en soutien à une quinzaine de familles. « Mon rôle n’est pas d’accompagner mais de mettre en relation les personnes, trouver des solutions, les ressources pour mettre en place un projet », précise Benjamin Giovagnoli.
Mère d’un enfant de 13 ans atteint par la trisomie 21, Christelle Curty a eu recours au MPI. « Florian était scolarisé en classe Ulis (Unité localisé pour l’inclusion scolaire) à temps plein jusqu’à l’année dernière. Mais ce n’était pas adapté pour lui. Il nous a fait ressentir les difficultés qu’ils rencontraient ». Souhaitant néanmoins que son fils soit scolarisé afin qu’il soit « avec des enfants ordinaires de sa tranche d’âge », Christelle Curty, vice-présidente de l’association Trisomie 21 de Haute-Loire, a cherché une alternative en faisant appel à Benjamin Giovagnoli. « À force de rencontre, nous avons trouvé une solution. Il est scolarisé à mi-temps en classe Ulis et le reste du temps à l’IME (Institut médico-éducatif) des Cévennes », poursuit-elle. Mais pour cela, elle a dû batailler : « Se battre pour son enfant, c’est tous les jours ».
Bien accueilli par les élèves et le personnel de l’établissement où il est en classe Ulis, Florian est suivi en classe par une AESH (Accompagnante d’élèves en situation de handicap). « Le but des Ulis c’est que les enfants, suivant leurs capacités, soient inclus dans des classes du même niveau d’âge ».
« Il faut leur faire confiance au quotidien »
Allant au centre de loisirs Bel Air, Florian est un jeune collégien indépendant. « Il faut leur faire confiance au quotidien, c’est comme ça qu’ils apprennent », insiste Christelle Curty. « Il ne faut pas penser pour eux, mais avec eux ». Voyant son fils évoluer positivement cette maman se projette tout en vivant au jour le jour. Une situation qui peut paraître complexe mais qui vaut le coup lorsqu’elle regarde son fils et le voit épanoui.

Le dispositif Prisme : une aide précieuse

Mis en place par l’association Trisomie 21 de Haute-Loire, le dispositif Prisme s’adresse à toutes les personnes en situation de handicap et à leur famille. C’est avant tout un renforcement du développement du pouvoir d’agir des personnes et des familles ; une entrée sociale et non plus médico-sociale, soutenue par un interlocuteur indépendant des services ; des ressources techniques et humaines au service du projet de la personne et prioritairement en soutien aux acteurs de droit commun. Prisme propose donc d’engager dans une démarche qui ne part pas des déficiences des personnes, mais de leurs aspirations et de leurs besoins.

http://www.leveil.fr/puy-en-velay/vie-pratique-consommation/vie-associative/2017/10/18/ne-pas-penser-pour-mais-avec-eux_12595429.html

De vrais emplois pour les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) ?

Les agents qui aident les enfants handicapés à vivre au mieux leur scolarité vont-ils enfin sortir de leur situation de soutiers de l’Education nationale ? Le gouvernement Macron promet une réforme du métier et des conditions de travail de ces aidants.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et la secrétaire d’ État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, secrétaire d’État en charge du handicap, promettent une réforme du métier et des conditions de travail des personnes qui aident au quotidien les enfants handicapés à vivre au mieux leur scolarité. Ces personnels sont souvent regroupés sous deux sigles : AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) et AVS (auxiliaire de vie social) en contrat aidé.

Pendant longtemps, il n’est pas apparu nécessaire de professionnaliser ces agents recrutés sous contrats courts, à temps partiel le plus souvent et payés au Smic horaire. Mais le nombre d’élèves handicapés scolarisés va croissant, et la nécessité de former ces aidants, et de mieux reconnaître un métier qui attire peu de candidats s’impose peu à peu.

C’est donc au nom du respect du principe de l’accessibilité de l’école pour tous que le gouvernement Macron s’attelle enfin à ce « chantier ».

Accompagnants des élèves handicapés : 8 000 recrutements en 2017

Quelque 86 000 professionnels assurent, souvent à temps partiel, l’accompagnement des enfants et adolescents en situation de handicap, durant leurs apprentissages, de la maternelle jusqu’au baccalauréat. Parmi eux, 28 000 AESH, agents contractuels de droit public, dont beaucoup en CDD (seuls 6 000 seraient en CDI). Les 56 000 autres sont des auxiliaires de vie scolaire en contrat aidé (AVS en contrat unique d’insertion-contrat d’accompagnement dans l’emploi, CUI-CAE). Des chômeurs longue durée recrutés par Pôle emploi, soumis au code du travail(1).

Qu’ils soient recrutés par Pôle emploi ou par le ministère de l’Education nationale, les accompagnants des élèves handicapés sont tous des précaires !
Pour assurer la scolarisation des enfants handicapés, de plus en nombreux, un plan de montée en charge du bataillon des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH, ex-assistants de vie scolaire), a été décidé sous le quinquennat Hollande. Environ 8 000 nouveaux accompagnants ont été recrutés pour la rentrée 2017. En même temps, la question de la reconnaissance et de la valorisation du métier des accompagnants était enfin mise sur la table.

Plus de 300 000 élèves en situation de handicap (environ 172 000 dans le primaire et 128 000 dans le secondaire).ont fait leur rentrée en septembre. Ce nombre a considérablement augmenté, grâce aux dispositifs d’accompagnement qui ont permis de rendre l’école accessible à plus grand nombre d’enfants, depuis la loi handicap 2005.

A la rentrée 2017, pas moins de 3 500 enfants handicapés étaient en attente de leur accompagnant pour être scolarisés (même si la circulaire du ministère de l’Education précise que « la présence d’un personnel chargé de l’accompagnement n’est ni un préalable ni une condition à la scolarisation de l’élève »). Un chiffre confirmé par le ministère, rapporte Le Monde, qui cite un rapport récent du médiateur de l’Education nationale, Claude Bisson-Vaivre, « le public pour un contrat AVS est volatile, toujours susceptible d’abandonner sa candidature pour un emploi à temps complet, mieux rémunéré. Il faut alors relancer tout le processus de recrutement… »

Les contrats aidés restent la variable d’ajustement pour répondre aux besoins importants des écoles.
Les contrats aidés des AVS « sanctuarisés » en 2017

Certes, le gouvernement Macron a déclaré vouloir en finir avec les contrats aidés. Or, étant donné le nombre considérable de ces contrats aidés auprès des élèves en situation de handicap, l’Etat n’a pas eu d’autre choix que de « sanctuariser », au moins pour 2017-2018, les quelque 56 000 accompagnants en contrat aidé travaillant dans les écoles, collèges et lycées. « Les contrats aidés restent la variable d’ajustement pour répondre aux besoins importants des écoles », confirme Angeline Bled, du syndicat SE-Unsa.

AESH : un CDI au bout de 6 ans de CDD…

Le statut de l’accompagnant d’élève en situation de handicap a évolué. Appelé assistant de vie scolaire (AVS ) depuis 2003, il est recruté par l’Etat, en contrat dit « dérogatoire ». Ce contrat de droit public ne peut pas être reconduit au-delà de 6 années.

En 2005, avec la loi Borloo, sont créés les emplois de vie scolaire (EVS) « à fonction d’auxiliaire de vie scolaire ». Les EVS assurent les mêmes missions que les AVS (appelés maintenant AESH). Mais ce sont des demandeurs d’emploi de longue durée, recrutés par Pôle Emploi en contrat aidé de droit privé.

Sous la pression des syndicats et des associations de la sphère du handicap et à la suite du rapport Komites, l’Etat consent, en 2014, à améliorer le sort de l’accompagnant. Et de rebaptiser l’AVS, réputé être un AESH. L’évolution majeure ? Ces personnels sont désormais recrutés en CDD par l’Education nationale pendant 6 ans. Puis en CDI. Mais ils demeurent des contractuels de l’Etat.

L’avenir : un statut d’AESH en CDI pour tous ?

Les AVS ou EVS en contrat aidé peuvent demander le statut d’AESH.

Les ex-AVS (les AESH) ayant effectué leurs 6 années maximales peuvent être embauchés en CDI par le ministère de l’Education nationale.
Les ex-EVS, après 2 ans sous contrat aidé CUI-CAE (Pôle emploi), peuvent être engagés en CDD AESH et accéder au CDI, au terme des 6 années…
Temps partiels, Smic horaire, pas de formation pour tous

Néanmoins, cet accompagnement est loin d’être estimé à sa juste valeur. En moyenne, un accompagnant gagne entre 700 à 800 euros par mois.

Il est vrai que les accompagnants travaillent, dans le meilleur des cas, à 80 %. Rapportés en équivalent temps plein, les 86 000 accompagnants représentent ainsi 61 462 ETP en 2017 (contre 53 394 ETP en 2016).

En outre, « la rémunération est également basée sur la grille des contractuels de la catégorie C de la fonction publique » indique le syndicat SE-UNSA. Enfin, les perspectives d’évolution sont très difficiles. « La loi le permet en théorie, mais pas en pratique », selon SE-UNSA.

Les AESH sont recrutés au niveau bac et peuvent se professionnaliser par la validation des acquis de l’expérience (VAE). En revanche, les AVS en contrat aidé sont recrutés sans diplôme, avec une soixantaine d’heures de formation.

>> Lire aussi : Auxiliaire de vie sociale (AVS) ou AESH

Vers de vrais emplois de 35 heures pour les accompagnants des élèves handicapés ?

Conscientes de toutes ces problématiques, recrutement, salaires, conditions de travail, formation… de ceux qui permettent la scolarisation des enfants handicapés, Sophie Cluzel, secrétaire d’État en charge du handicap, a déclaré lancer un chantier cet automne, afin de proposer aux accompagnants de « vrais emplois de 35 heures ». Entre autres pistes évoquées : les AESH pourraient compléter leur temps de travail, en accompagnant les enfants hors temps scolaires, dans les centres de loisirs, et leurs lieux de stage également…

« Par ailleurs, peut-on lire dans la circulaire Missions et activités des personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de handicap de mai 2017, en application de l’article 1 du décret n° 2017-105 du 27 janvier 2017 relatif à l‘exercice d’activités privées par des agents publics et certains agents contractuels de droit privé ayant cessé leurs fonctions, aux cumuls d’activités et à la commission de déontologie de la fonction publique, les AESH peuvent être autorisés à cumuler une activité accessoire à leur activité principale. Ainsi les collectivités territoriales pourront se rapprocher utilement des services académiques pour avoir accès au vivier des AESH auxquels elles pourront proposer un contrat d’accompagnement des enfants en situation de handicap sur le temps périscolaire.

http://infos.emploipublic.fr/metiers/les-secteurs-qui-recrutent/les-metiers-du-social/accompagnant-des-eleves-en-situation-de-handicap-aesh-un-metier-en-voie-de-deprecarisation/apm-104178/#.WeYUppagUj5.twitter

Romane, dyspraxique : le chaos scolaire d’une invisible

Dyspraxie, handicap invisible. Et, pourtant, troubles manifestes. « Écris mieux, je n’arrive pas à te relire, trace des traits droits, travaille plus vite… ». Ces réprimandes, Romane les a entendues tout au long de sa scolarité. A 16 ans, au moment d’entrer en seconde, elle est contrainte de quitter le système ordinaire. Ses parents recherchent une autre orientation, sans solution pour le moment. « Sans qualification, avec pour unique diplôme le brevet des collèges, faut-il qu’elle s’inscrive à Pôle emploi, questionnent-ils. Quel avenir pour elle ? »

Un trouble méconnu
Pour comprendre son trouble, la jeune fille explique : « Essayez d’écrire de votre mauvaise main et vous aurez un petit aperçu d’un des aspects de ce handicap et de ses conséquences ». « Sans les adaptations, le handicap gagne », déplore Romane. De quoi a-t-elle besoin pour suivre sa scolarité ? De cours préparés par les enseignants, de supports écrits lisibles, d’une charge de travail adaptée en quantité et en temps pour tenir compte de la fatigabilité liée aux efforts pour compenser son handicap. « Pour remplacer la main de notre fille, il lui faudrait un AVS, que l’outil informatique soit véritablement utilisé par elle et les enseignants », explique Fabienne, sa maman. Ces préconisations sont pourtant mentionnées sur le PPS (plan personnalisé de compensation) de la MDPH « mais on lâche les parents et les enfants armés de ce petit bout de papier, la notification MDPH, dans l’arène d’un collège », poursuit-elle.

Le constat des invisibles
Sans être totalement naïfs, ses parents pensaient qu’à l’heure du numérique et avec les avancées de la loi de 2005, « aller dans une école ordinaire irait de soi ». Même si l’inclusion fait évidemment son chemin, pour certains « invisibles », le constat reste pourtant amer. « Parents, enseignants et enfants doivent se débrouiller, explique Fabienne. Les enseignants apprennent à la rentrée qu’ils ont dans leur classe un enfant en situation de handicap sans qu’ils ne reçoivent de formations, d’informations suffisantes sur ce qu’il convient de faire ou pas. L’enfant qu’ils ont devant eux n’est pas sourd, ni mal voyant, pas en fauteuil roulant, les handicaps invisibles les déroutent. Alors, nous, parents, apportons les renseignements avec notre énergie protectrice rôdée depuis des années, nos connaissances. Quitte à passer pour des revendicatifs trop pressants ». Avec certains, « ça passe » avec d’autres, « ça casse ».

Pas de favoritisme
De l’espoir, on passe à la déception… « On se bat sans trop de succès pour obtenir les cours, on voit le nombre d’heures d’AVS diminuer ». En 3e, Romane ne bénéficiait que de 7h30 de présence humaine par semaine « alors que le handicap lui n’a pas de montre », ironise sa maman. « On s’épuise. Puis se dressent des barrières que l’on a de plus en plus de mal à contourner. Puis un mur impossible à franchir. Alors on arrête le combat, on jette l’éponge quand la souffrance de nos enfants au sein de l’école est devenue trop inadmissible, quand on a la voix cassée à force d’expliquer, année après année, jour après jour que OUI les compensations sont nécessaires et obligatoires, que NON ce n’est pas du favoritisme mais un droit à l’éducation ».

Son brevet, contre toute attente
Selon cette maman, les « encouragements ne sont pas là ». Mises en garde, culpabilité… « Mais vous n’y pensez pas, aller au lycée, faire des études supérieures, c’est impossible. Il y a encore moins de moyens qu’au collège, personne n’aura le temps de se soucier de sa problématique, elle n’aura pas d’AVS. D’ailleurs par quel miracle est-elle arrivée jusqu’en 3e ? ». Et, pourtant, grâce à la persévérance et l’engagement de certains, camarades ou intervenants, Romane décroche son brevet, « contre toute attente ». Il n’y aura pourtant pas de rentrée en seconde. La jeune fille est invitée à quitter ce système dit « inclusif ».

Option dérochage
On tente de l’orienter vers une filière plus adaptée mais c’est la double peine car les handicaps invisibles ont peu de voies après la classe de 3ème. On demande à ces jeunes de très vite réfléchir à une idée de métiers, à une orientation par défaut. À ceux qui n’ont pas encore renoncé, on propose parfois des dispositifs destinés aux jeunes en décrochage scolaire qui, pour diverses raisons, ne veulent ou ne peuvent plus être maintenus dans un système scolaire classique, le rejettent. Or la problématique est toute autre pour les ado en situation de handicap qui, eux, n’ont jamais voulu décrocher. Ils sont alors orientés vers des filières souvent réduites, avec peu d’accès aux métiers du numérique, vers des CAP avec une palette de métiers qui « n’évolue pas depuis des siècles » selon Fabienne. Couture, coiffure, ménage… Pour des jeunes avec un trouble du geste, sans aucune motricité fine ?

Manque criant de formations
« Nous n’avons fait que colmater des brèches jusqu’à la 3e. Le manque de moyens est trop criant à partir du lycée alors, finalement, on nous pousse à abandonner », constate cette maman. Pas d’études, qu’elles soient courtes ou longues ! Qu’adviendra-t-il de ces adultes qui, par manque de formation, occuperont des emplois précaires, peu qualifiés, avec des revenus faibles, avec un taux de chômage plus élevé que celui de la population active ? « Ces enfants déjà à part dans les écoles mais aussi en dehors, qui ne peuvent parfois participer aux sorties scolaires, jamais invités aux goûters d’anniversaire, deviennent des adultes exclus », confie celle que l’on prend parfois pour une « éducatrice » parce qu’elle n’a pas d’autre choix pour « pallier les lacunes du système » et préfèrerait juste être maman.

Un mikado prêt à s’écrouler
Pour trouver une orientation pour sa fille, Fabienne enchaîne les rendez-vous, les coups de fil auprès des établissements mais aussi du transport spécialisé. Elle dit, en côtoyant ce « mille-feuille » d’intervenants, mesurer les conséquences du manque d’effectifs dans les services publics et structures dédiés aux handicaps. Elle dénonce le manque de coordination entre les différents acteurs. « Un véritable mikado où, du jour au lendemain, tout peut s’écrouler, une piste, une orientation à cause du grain de sable qui vient enrayer une machine déjà bien grippée. »

Un combat âpre
Le combat mené par certains parents pour le droit de leur enfant à aller à l’école est âpre, coûteux en temps, en énergie, épuisant. Las de « beaux discours », ceux de Romane réclament des « actions sur le terrain », « une plus grande application de la loi de 2005 » avec les moyens nécessaires pour « tous ces enfants, adolescents et jeunes adultes privés, dans les faits, du droit d’apprendre ». « Comment ne pas s’épuiser devant tant d’obstacles rencontrés ? », concluent-ils. Romane lance un appel : « Toutes ces années d’efforts pour terminer sur RIEN ? NON ! ».

https://informations.handicap.fr/art-ecole-parcours-dys-24-10264.php

Compte rendu: Audience 10 octobre SGEN-CFDT 46 / DASEN concernant les personnels AVS et AESH

Ce mercredi 10 octobre 2017, le Sgen-CFDT 46 a été reçu à la DSDEN 46 en présence de M. Papillon DASEN du Lot, M. Chauveau Secrétaire Général et M. Bousquet IEN adjoint du DASEN et en charge du dossier ASH.

Pour la délégation du Sgen-CFDT 46, étaient présents Pauline Lair (AESH sur Pradines) et Vincent Gomez (PE).

Nous avons présenté le collectif, son origine, ses revendications ainsi que l’engagement du Sgen-CFDT 46 en direction des personnels précaires du Lot. En cette rentrée 2017-2018, Pauline Lair a une décharge syndicale octroyée par le #Sgen46, les contacts (physiques, Facebook, téléphone…) et les remontées sont donc en explosion ces dernières semaines.

Depuis fin août, les difficultés d’organisation et de fonctionnement s’accumulent. Nous avons tenu à remercier le très important investissement professionnel et humain de Mme Thoueille qui s’est retrouvée seule dans la gestion du dossier à la DSDEN. Le DASEN a reconnu le manque de moyens humains et désormais, une nouvelle personne est recrutée depuis quelques jours. Le DASEN sait et a conscience de l’importance de la mission des AVS-AESH. Nous avons insisté sur le fait que les derniers textes indiquent clairement que les AVS-AESH sont des personnels à part entière de l’équipe éducative et qu’il est important de les « traiter » dignement. Le constat est commun et partagé.

Nous avons tenu à relayer les retours positifs de la réunion de pré-rentrée sur le discours indiquant clairement le rôle incontournable et les missions importantes des AVS-AESH.

Question: Bilan chiffré de la rentrée en nombre de contrats (AVS et AESH); combien de contrats AESH à 20-24-30 heures pour les AESH? Des AVS sont-ils encore avec un contrat modulé (20/24 heures)?

Réponse: un bilan quantitatif très complet nous est donné à l’oral… et nous a été communiqué rapidement après l’audience. Bien entendu, le nombre d’AESH (contrat public) est en augmentation, le nombre de personnels CDIsés est lui aussi en augmentation (la CDIsation est un acquis du seul Sgen-CFDT).

Il nous est confirmé qu’il n’existe aucun contrat d’AVS avec 24 heures hebdomadaires payés 20 heures.

Question: Y a t-il une réserve de CDD pour les CUI arrivant en fin de contrat?

Réponse: on ne peut pas parler de « réserve » mais d’une enveloppe départementale en lien avec les besoins du terrain. Au 1er octobre, 16 personnels AVS (sous contrat CUI) arrivaient en fin de contrat, sans possibilité de renouvellement. Les 16 AVS se sont vu proposer un contrat d’AESH, 15 l’ont accepté (1 refus car projet professionnel alternatif). Au 1er novembre, 6 personnels AVS seront en fin de contrat et les 6 se verront proposer un contrat AESH (d’après nos retours, les entretiens sont en cours).

Si vous êtes dans le cas d’une fin de contrat fin octobre et que vous n’avez pas reçu d’informations sur un passage en contrat AESH, n’hésitez pas à nous contacter de manière très urgente!!

Pour les personnels qui voient leur contrat se terminer en décembre, la situation est concrètement toute autre… La gestion budgétaire ne permet pas d’avoir une lisibilité claire, il y aura donc une gestion très étroite avec une surveillance des plafonds d’emplois. Le Rectorat a conscience de ces informations et situations non spécifiques au Lot. Il n’y a donc pour l’instant aucun chiffre ni tendance pour les passages d’AVS en AESH à partir de décembre.

Toutefois, il nous a été indiqué qu’il y avait des points réguliers (hebdomadaires?) au sein du Rectorat pour les 8 départements de l’académie. De plus, ce sujet extrêmement sensible est à l’ordre du jour de la prochaine réunion nationale des Rectrices-Recteurs en présence des responsables du Ministère.

Nous devons donc attendre d’obtenir les directives nationales (cf. explications et impressions ci-dessous).

Suite à une intervention du Sgen-CFDT lors des instances de rentrée, au sujet de l’enveloppe de 30 emplois d’AVS demandée pour couvrir les notifications MDPH de la rentrée, la DSDEN est en attente de réponses claires; nous ne savons donc pas s’il s’agira de 30 emplois d’AVS ou d’AESH.

Selon M. Bousquet, il y aura environ 30 notifications MDPH en attente pour la prochaine CDA (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées). La prochaine CDA traitera les demandes déposées en avril dernier.

Question: Cohérence dans les contrats des 3 employeurs (avenant sortie scolaire, période d’essai…): lors d’une précédente audience, il avait été annoncé qu’une réunion d’harmonisation entre les 3 employeurs serait faite pour éviter les incohérences entre les contrats et les pratiques. Les exemples nous font pourtant penser qu’il n’y a toujours pas eu d’harmonisation.

Réponse: ce n’est pas la 1ère fois que le Sgen-CFDT 46 pose ce problème sur la table. En cette rentrée, des incohérences flagrantes ont vu le jour et cela n’est pas acceptable que la promesse d’une réunion de concertation entre les 3 employeurs n’ait pas eu lieu depuis… Il y a une volonté partager de recenser les différences et les difficultés pour ensuite les régler entre eux.

Question: En cas de non-renouvellement (suite à une évaluation non-satisfaisante), une amélioration dans la gestion des personnels (communication…) semble nécessaire. Un travail dans ce sens est-il envisageable?

Réponse: depuis plusieurs audiences, nous demandons à ce que le bilan d’activité des AVS-AESH, s’il n’est pas positif, puisse être « tempéré » par le personnel concerné! Il nous a été répondu qu’en cas de bilan négatif ou nuancé (ce qui est très rare), l’IEN prend l’attache de la directrice (directeur) de l’école afin d’avoir un avis complémentaire. Si les 2 avis incitent à maintenir l’AVS-AESH dans son emploi mais dans une autre école, alors un changement d’établissement est mise en place. Dans le cas où les 2 avis sont jugés comme trop « négatifs » (encore plus rare), le personnel est contacté directement (sauf s’il demande des explications par écrit).

Peu de départements offrent cette possibilité de recueillir également l’avis des AVS-AESH, c’est donc une avancée notable dans le Lot suite aux interventions répétées du Sgen-CFDT 46.

Lors de la réunion de pré-rentrée, il a été indiqué qu’il n’y aurait aucune information en direction des AVS (gérés par le lycée C. Marot). Nous avons donc échangé à ce sujet avec le DASEN qui a convenu que quand des non-renouvellements et ou des fin de contrats avaient lieu, il y avait une volonté d’informer tous les personnels, par écrit, suite à leur investissement dans leurs missions (c’est la moindre des choses mais c’est un « geste » appréciable car humain et respectueux en direction de personnels qui sont sont investis auprès des élèves).

Question: Des départements recrutent des contrats civiques sur des missions d’EVS ou d’AVS, le Lot est-il concerné à court ou moyen terme? Quelle tendance pour les prochains mois (difficulté ou non à recruter comme dans certains départements?)?

Réponse: ces recrutements sont illégaux (car un service civique ne peut être recruté sur des missions qui sont déjà couvertes par des emplois comme ceux des AVS-AESH). Il n’est pas du tout prévu que les contrats civiques occupent les missions en lien avec le handicap, dans le Lot et dans l’académie.

Question: Modalités d’évaluation et de revalorisation des AESH (décret 2014-724 du 27 juin 2017).

Réponse: le Sgen-CFDT 46 travaille actuellement ardemment sur ce sujet… nous vous tiendrons très rapidement au courant de nos travaux qui devraient porter, nous l’espérons, rapidement leurs fruits.

Question: Guide départemental AVS-AESH: où en sommes-nous?

Réponse: le guide avait été proposé lors de la précédente audience… avec une proposition du collectif de travailler conjointement, avec la DSDEN, pour qu’un guide départemental puisse exister dans le Lot. Nous avions eu une réponse positive mais depuis, rien n’avait bougé. Nos interlocuteurs admettent ne pas avoir avancé sur le sujet mais devant notre argumentaire, il est acté que le guide sera travaillé avec nous.

Ce guide pourrait permettre de répondre aux nombreuses questions des AVS-AESH (en cas d’absence, en cas de grève, temps de travail, récupération, formation, rémunération…) mais surtout poser clairement les missions des personnels! En effet, même si les enseignant-e-s sont considéré-e-s comme le « tuteur » des accompagnants (sans vraiment le savoir… et en aucun cas comme un « supérieur hiérarchique »), les enseignant-e-s et les directrices-directeurs ne sont pas formés à gérer des personnels qui sont sur des contrats de droit privé ou de droit public (juridiquement, certains points sont complexes…).

Nous avons également demandé d’améliorer la communication en direction des écoles et des AVS-AESH car malheureusement, les informations spécifiques aux AVS-AESH arrivent trop peu souvent jusqu’à eux (la convocation pour la journée de pré-rentrée est un parfait exemple… environ les ¾ des personnels ne savaient pas le matin même qu’ils n’avaient pas à revenir l’après-midi dans leur école d’affectation… à la demande écrite du Sgen-CFDT 46… et cela malgré jusqu’à 3 e-mails envoyés dans toutes les boites des écoles du Lot).

Question: Formation des AVS et AESH: un calendrier des formations vient d’être communiqué. Qui sont les personnels concernés? Les AESH sont en attente de formations sur leur métier. Remboursement des frais de déplacement pour les AVS-AESH: où en sommes-nous?

Réponse: Le plan de formation intitulé « adaptation à l’emploi des AVS et AESH du Lot » pour l’année 2017-2018 est officiel. Il l’est depuis environ 3 semaines mais pour autant, nous avons fait remarquer que tous les personnels ne l’ont pas reçu… ni les écoles pour informer les enseignant-e-s des journées où les AVS n’accompagneront pas les élèves.

Nous avons également déploré que toutes les formations (9 sur 10 sont au Montat et 1 sur Cahors) aient lieu dans le sud du département. Le plan de formation est de qualité mais le lieu gêne très clairement les personnels du nord et de l’est du département.

Puisque le plan de formation semble correspondre aux besoins de tous les AVS-AESH, pas seulement des personnels qui débutent dans leurs missions, nous avons demandé si des personnels AESH pouvaient bénéficier eux-aussi de ces formations. Sur le principe, cela semble possible mais il faut analyser les aspects pratiques (salle de 80 places, accord du Montat, des formateurs…).

Nous avons également redemandé à ce que les personnels AVS-AESH puissent bénéficier de temps d’échanges de pratiques. C’est noté… nous reproposerons cela rapidement pour une mise en place dans différents bassins du Lot.

CONCLUSION…
La bonne, disons même excellente nouvelle, c’est que tous les efforts du Sgen-CFDT ont porté leurs fruits: les frais de déplacement dans le cadre des formations avec convocation sont désormais remboursés pour les AESH (pour les AVS, c’était déjà le cas). Les formations de cette année mais aussi celles de l’an passé seront donc remboursées. Nous réfléchissons à proposer aux AESH de demander de manière rétroactive tous les remboursements dus des précédentes années.

Nous avons terminé les échanges sur notre inquiétude d’un ras-le-bol qui ne cesse de monter au sein des personnels AESH. Les annonces nationales sur les contrats aidés durant l’été et l’absence d’avancées concrètes sur les contrats (salaire, précarité…) nous font craindre que des personnels AESH (ex-AVS) qui apprécient leur métier s’épuisent et quittent leurs missions faute d’améliorations et de réponses rapides et positives.

ET MAINTENANT… ?
Une nouvelle fois, « malgré » un nouveau DASEN dans le Lot, la parole des AVS-AESH est particulièrement bien prise en compte. Le discours assumé sur la place incontournable des AVS-AESH auprès de l’élève et dans l’équipe éducative semble sincère.

Dans le Lot donc, les choses avancent bien… toutefois, les budgets et les contrats ne sont pas décidés à l’échelon départemental. Nous avons donc demandé à faire remonter nos inquiétudes au niveau national car des départements rencontrent depuis peu des difficultés à recruter des personnels non pas sur des contrats AVS (contrat CUI) mais sur des contrats AESH (emploi public avec possibilité d’une CDIsation… trop tardivement et avec un salaire indécent).

https://midipyrenees.sgen-cfdt.fr/actu/audience-sgen46-avs-aesh-10-octobre-2017/