Forte mobilisation en soutien à Gaëtan, cet adolescent handicapé exclu de tout système scolaire

Ce samedi matin, près de 150 personnes ont défilé dans les rues, derrière Laëtitia Verstraete, cette courageuse maman défendant ni plus ni moins que le droit fondamental de son fils Gaëtan, à aller à l’école.
Entre 100 et 150 personnes ont été solidaires, hier, du combat que mène cette mère courage, Laëtitia Verstraete, au regard de la fatalité sociale qui s’abat sur son fils handicapé Gaëtan, depuis maintenant plus d’un an et demi.

Celle de ne plus être scolarisé nulle part, après que l’institut médico-éducatif (IME), dont il dépendait jusqu’alors, a jugé préférable d’orienter l’adolescent Dadonvillois de 16 ans vers le centre psychiatrique Daumezon, de Fleury-les-Aubrais. « Totalement inapproprié », estimera sa maman, qui devait frapper un grand coup, ce samedi matin, dans les rues de la capitale nord-loirétaine, en parvenant à fédérer, autour d’elle, élus (de Pithiviers, Ascoux, Escrennes, Laas…), syndicats et habitants touchés par la cause.

Entre banderoles, sirènes et membres de l’association Défis événements handicap, Laëtitia Verstraete se dit « loin d’être la seule dans ce cas ».

« Il y a là, ce matin, trois autres familles vivant le même cauchemar que la mienne. Ensemble, on se sent plus fort. À propos de Gaëtan, on me dit qu’il est trop grand pour intégrer un IME et trop jeune pour un foyer de vie médicalisé. Vu qu’il reste à la maison toute la journée, il se désocialise, finit par ne plus vouloir voir personne. »

Si rien ne bouge, alors…
Ce samedi, l’adolescent souffrant de troubles moteur, du langage et du comportement, ainsi que de déficience intellectuelle, comprenait-il seulement le pourquoi de tout ce bienveillant ramdam dans Pithiviers ? Difficile à dire… Il n’en demeure pas moins « qu’un pays, dit civilisé, ne peut laisser ses enfants dans pareille situation », dénonçait une voix solidaire.

Alors qu’une autre mère, Frédérique Montel (trois enfants handicapés à la maison), dit « actuellement déposer les statuts de l’AIPE », ou Association pour l’inclusion des personnes extraordinaires. Une citoyenne dans le désespoir, contrainte de prendre elle-même les choses en main, faute de soutien de la part des pouvoirs publics. « Avec d’autres parents, on envisage aussi de créer une école Montessori, qui mêlerait enfants neurotypiques et handicapés. Dans l’idéal, on l’aimerait dans Le Malesherbois », précise Frédérique Montel.

aëtitia Verstraete ne s’interdit pas non plus de faire naître une association « de soutien aux parents d’enfants pas comme les autres, si rien ne se passe, après cette manifestation ».

Considérant que rien ne bouge dans le Loiret – tout au plus peut-elle compter sur un entretien, en juillet, avec la députée (LR) Marianne Dubois –, Laëtitia Verstraete envisage maintenant de frapper à la porte du président de la République. « Je vais essayer de me faire inviter à l’Élysée, pour lui expliquer dans quelle situation se trouvent les familles comme la mienne. »

http://www.larep.fr/pithiviers/social/2017/06/25/forte-mobilisation-en-soutien-a-gaetan-cet-adolescent-handicape-exclu-de-tout-systeme-scolaire_12458873.html

«Il faut former les AVS!» s’insurge la maman de Noé, autiste

Depuis quelque temps, l’école d’Allennes-les-Marais n’arrive plus à prendre en charge complètement Noé, 6 ans, diagnostiqué autiste. La faute, selon sa maman, au manque de formation des auxiliaires de vie scolaire. Épuisée, elle tire la sonnette d’alarme et s’insurge contre l’inertie de l’État.

Quand on arrive dans la maison de Noé, le petit garçon de six ans dit bonjour, fait même la bise, et repart jouer tranquillement. C’est le Noé que sa maman, Manuella Dallennes, connaît en général, grâce à un long travail pour le sortir de son monde. Car le petit garçon a été diagnostiqué autiste vers deux ans et demi. « C’est tôt mais il se trouve que je suis psychologue et que depuis dix ans, je me suis spécialisée dans le traitement des troubles du comportement, notamment avec la méthode ABA… » Sans imaginer alors qu’elle y serait confrontée à la maison.

Manuella apprécie les progrès que fait son fils, un petit garçon qui n’a aucun problème intellectuel mais un comportement différent : « Il n’a pas les mêmes codes sociaux. Par exemple, je dois exagérer mes émotions pour montrer que je suis en colère. » Elle sait aussi que Noé peut devenir ingérable, faire des crises, si on n’applique pas des méthodes pédagogiques précises. Or, c’est ce qui arrive en ce moment. « On a droit à une AVS (auxiliaire de vie scolaire) 15 heures par semaine. Au début de l’année, on a eu un homme qui était toujours absent, l’école a fait comme elle pouvait. Depuis mars, c’est une autre personne, charmante par ailleurs, mais qui n’arrive pas à gérer Noé. Il la mène par le bout du nez. » Résultat : l’école est obligée d’appeler Manuella pour qu’elle le récupère plus tôt que prévu.

C’était encore le cas mardi lors d’une sortie scolaire… Du coup, la maman fait comme elle peut : « J’ai une jeune fille qui s’occupe de Noé le midi, car il ne peut pas aller à la cantine sans AVS, du coup, je l’appelle en catastrophe. Mais ça me coûte cher. Je la paye alors qu’en même temps, l’État paie une AVS pour rien… » Un surcoût qui s’ajoute à l’emploi d’une éducatrice formée à la méthode ABA, qui accompagne aussi Noé quelques heures par semaine en classe. « Comme je suis sa maman, je ne peux pas le faire moi-même, » précise la psychologue.

L’Allennoise, qui a aussi une fille adolescente, se sent démunie : « Je travaille en libérale, j’ai des patients lourds à domicile, je ne peux pas les abandonner comme ça. J’ai été obligée de réduire mes heures et donc mon salaire… » Manuella ne peut compter que sur elle-même : elle a perdu son mari d’un cancer foudroyant il y a deux ans et demi et sa propre mère il y a un an. Deux personnes qui comptaient beaucoup dans la vie de Noé…

Face à cette situation, elle n’en veut absolument pas à la direction de l’école, qui accueille Noé depuis ses trois ans, ni à l’AVS. Mais à l’État : « On embauche des AVS qui ne connaissent rien au handicap de l’enfant qu’elles vont suivre. On les lance comme ça… Or, il y a des techniques spécifiques à mettre en place. L’autisme, c’est dur à gérer. On en est au troisième plan autisme, avec des fonds pour la formation, je n’en ai pas vu la couleur. Je veux que l’État prenne ses responsabilités ! Je n’ai pas choisi d’avoir un enfant différent. Il est génial, c’est enrichissant. Mais on fait de belles lois pour ces enfants sans donner les moyens. Les maîtresses sont en souffrance comme l’enfant… »

Manuella se demande comment se passera l’entrée au CP en septembre. Si l’AVS n’est pas formée, elle sera sans doute obligée de faire l’école à la maison. Après être allée frapper à toutes les portes, elle pense même attaquer l’État en justice.

http://www.lavoixdunord.fr/182786/article/2017-06-24/il-faut-former-les-avs-s-insurge-la-maman-de-noe-autiste

AESH/Parents (4) : Je t’aime moi non plus !

Résumé : L’adolescent qu’on m’a confié est confronté à de graves difficultés dans les apprentissages. Je promets un compte-rendu quotidien aux parents.

20 heures avec un enfant qui ne capte rien, c’est long ! Ne capte rien, ne s’intéresse à rien, copie inlassablement des corrections dont il ne retient rien. Je n’arrive même pas à trouver un axe de travail autour d’un centre intérêt. Pourtant ça, ça marche souvent du feu de Dieu avec les « mauvais élèves » des apprentissages de type bourrage de crâne.

Les parents m’affirment qu’il s’en sortait bien en primaire, alors je fais de l’archi-scolaire, de la rabâche, du par coeur. Ca ne marche pas mieux. Ma façon de reformuler est souvent sans effet, alors pour qu’il participe un peu et que les journées ne soient pas trop longues, je lui refile quelques réponses (je sais, il ne faut pas le faire, etc.). Je n’aurai jamais autant discuté avec des profs durant mes huit années pour trouver une clé d’apprentissage, mais ils oscillent tous entre « fainéant congénital », « déficient cérébral » et « cas désespéré ».

Malgré cela, je discute longuement avec les parents, leur demande de participer, de préparer tel ou tel contrôle pour voir si ce que nous faisons porte ces fruits, mais le résultat est des plus décevant.

Au bout de trois mois, l’ampleur de la tâche me submerge. « Mission Impossible ». De plus le contact avec l’adolescent est devenu quelconque. A la fin de cette année, les parents me récuseront. Cette première expérience aura été bien décevante à bien des égards, mais pas tellement plus que d’autres à venir.

Dis moi qui tu es…

AESH-AVS : Les besoins sont plus qu’omniprésents et toujours rien ou pas grand chose à l’horizon

Les années se suivent et malheureusement se ressemblent : au compte gouttes les collègues en contrat précaire sont renouvelé(e)s ou pas, je n’ose même pas évoquer celles et ceux qui en terminent avec un CUI (contrat aidé) de 2 ans et qui ont l’espoir d’entamer un parcours aléatoire de 6 ans (1 x 5 renouvellements), avant de peut-être se voir proposer un CDI, graal de verre.

Le job, pour la plupart je l’espère, est fait (je connais des endroits où la motivation n’y est pas et je comprends!), les besoins sont plus qu’omniprésents et toujours rien ou pas grand chose à l’horizon.

Une formation, soyons honnêtes, bidon, des différences de statut pour un boulot identique inadmissibles (une valse des personnels qui acquièrent de l’expérience), des pressions sur l’emploi du temps avec des collègues qui acceptent encore de faire 24h ou plus au motif (illégal) d’une prétendue annualisation, quant aux salaires, les mieux lotis sont au SMIC quand la majorité tente de vivre avec à peine plus de 700€…

Je prends du plaisir au boulot, j’aime ce que je fais (j’entends ceux qui me diront « dis donc Louis t’as pas dit que tu arrêtais ») et j’essaye de le faire autant que le réclament les élèves que j’accompagne. En cette fin d’année, ici c’est la valse : qui n’est pas reconduit, qui change alors qu’on a besoin de lui (elle), qui jette l’éponge, qui a flippé parce qu’en attente d’une possible reconduction pendant l’été…

Donc juste avant les vacances, que certains nous reprochent, juste une envie de pousser un cri (qui soulage) et relancer une idée, pour la énième fois évoquée : et si à la rentrée on n’y allait pas… Ce serait pas juste hein, mais P’… ce que ça ferait du bien de les mettre dans l’état où la plus part d’entre nous sommes…

Louis

Une étudiante handicapée discriminée à un concours: Le Défenseur des droits demande réparation du préjudice

Une étudiante myopathe n’a pas bénéficié des aménagements dont elle avait besoin pour passer le concours d’internat en pharmacie. Le Défenseur des droits reconnaît qu’elle a subi une discrimination et demande réparation du préjudice.

Cette étudiante en pharmacie a trouvé la potion amère. À tel point qu’elle a saisi le Défenseur des droits, qui vient de rendre sa décision.

Mélanie (1) a « subi une discrimination fondée sur le handicap », estime Jacques Toubon. Elle « a été victime d’une rupture du principe d’égalité entre les candidats au concours (…) entraînant une perte de chance en vue d’obtenir un meilleur classement. »

Une ordinateur préconisé par le médecin de la CDAPH
En 2015, la jeune femme s’apprête à passer le concours national d’internat donnant accès au troisième cycle spécialisé des études pharmaceutiques. Sa myopathie limitant sa capacité à écrire, elle demande à bénéficier d’aménagements. Le médecin agréé par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) préconise, entre autres, l’utilisation d’un ordinateur. Mais les organisateurs du concours refusent et lui attribuent une assistante, chargée de rédiger à sa place.

Une assistante attribuée par les organisateurs du concours
Le jour du concours, Mélanie s’aperçoit que cette dernière, professeur d’Italien, n’a pas les compétences pour prendre note efficacement des termes et formules pharmaceutiques complexes. De plus, l’étudiante souffre de difficultés d’élocution qui rendent la communication encore plus difficile. Elle se retrouve donc contrainte de rédiger elle-même une partie de ses copies… et ne parvient pas à achever la dernière épreuve du concours.

Elle sera tout de même admise sur liste principale. Mais en 428e position. Un classement ne lui permettant pas d’obtenir son premier choix, une affectation en biologie médicale à Paris.

« Refus d’aménagement raisonnable » = discrimination
Le Défenseur des droits base notamment sa décision sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées. « La discrimination fondée sur le handicap comprend toutes les formes de discrimination, y compris le refus d’aménagement raisonnable », précise l’article 2. Or, si Mélanie a bénéficié d’aménagements, ceux-ci n’étaient pas « adaptés à son handicap ».

Les aménagements doivent être adaptés aux besoins
Il recommande au ministère des Affaires sociales et de la santé de « procéder à une juste réparation du préjudice subi ». Mais aussi de « prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir l’égalité de traitement à l’égard des candidats en situation de handicap (…) en s’assurant que les aménagements soient appropriés aux besoins de chaque candidat. » Une ordonnance de bon sens. Franck Seuret

http://www.faire-face.fr/2017/06/22/etudiante-handicap-discrimination-concours/

Tu pourrais rendre service au moins….

Je suis AESH dans un collège. J’accompagne trois élèves et avec eux cela se passe plutôt bien, je passe sur :

  • le handicap du plus jeune que l’on n’a pas jugé utile de me transmettre,
  • des profs qui me demandent de faire les photocopies parce qu’ils n’ont pas eu le temps
  • l’invisibilité que j’ai quand on « oublie » de me dire bonjour, au revoir, s’il te plait, merci, qu’on me passe devant à la cantine parce que « on a faim nous tu comprends »…
  • les heures à prévoir des adaptation parce que certains profs « n’ont pas le temps »

La liste pourrait être bien plus longue, mais passons, disons que j’accepte de donner des coups de main assez facilement, dans la mesure où il n’y a pas trop d’abus. Sauf que des abus il y en a eu en fin d’année, avec les Portes Ouvertes, les différentes sorties, le théâtre… et là on me reproche de ne pas m’être inscrite pour aider lors de l’organisation de la représentation théâtrale de fin d’année. Représentation qui a lieu en soirée, jusqu’aux environs de 23 h. Cette année j’ai décidé de venir voir les élèves de la salle et non des coulisses (où au demeurant on ne voit rien).

Ce qui m’énerve le plus, c’est que sur l’ensemble des adultes de l’établissement présents dans la salle, c’est à moi qu’on reproche un manque d’investissement…. L’an prochain je vais peut-être plutôt décider de rester chez moi, ou d’aller au cinéma ce soir là… Ou je vais carrément arrêter de rendre service.

 

Angèle AESH